Les artisans et dépanneurs en colère contre le coût des PV

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Le stationnement dans les grandes villes est un casse-tête pour les entreprises du bâtiment ou de dépannage, qui répercutent de plus en plus le coût des amendes sur la facture de leurs clients ou refusent des chantiers en centre-ville. » Une journée sans PV contre la loi Taubira

De Paris à Toulouse, en passant par Bordeaux, Montpellier ou Dijon, les artisans partagent la même galère. La politique d'urbanisme des municipalités laisse de moins en moins de place à la voiture: piétonnisation de quartiers, aménagement de stations de vélos ou voitures en libre-service, voire d'espaces verts dans certaines rues, comme à Paris... Dans la capitale, près de 86.000 places de stationnement ont été supprimées depuis 2001. Les professionnels qui doivent intervenir en centre-ville finissent donc souvent par se garer où ils peuvent ou par squatter les espaces de livraisons au-delà des 20 minutes réglementaires. «J'ai des outils à porter et je dois faire vite. Parfois, il n'y a pas de parking ni de place dans la rue, donc on s'arrête sur les trottoirs», confiait récemment Éric, qui travaille dans le dépannage gaz urgent à Dijon, au quotidien local Bien Public .

Résultat, les artisans collectionnent les PV et paient une fortune pour récupérer leur véhicule à la fourrière (135 euros plus l'amende). Un budget qui pèse de plus en plus sur leur activité. L'an dernier, Anthony Hadjipanayotou, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) Paris et grande couronne et chef d'une entreprise de plomberie de 8 salariés à Clamart, a perdu près de 3000 euros dans la bataille. «Cela représente une bonne semaine de travail pour l'un de mes employés», souligne-t-il.

Pour amortir ces frais, certains artisans n'hésitent plus à les répercuter sur la facture de leurs clients. «Je ne cache pas à mes clients que mes devis sont majorés de 5 à 7 % dans le centre-ville», explique Christophe Maris, un spécialiste de la rénovation toulousain, cité par La Dépêche . Selon Anthony Hadjipanayotou, «une ligne 'frais de contraventions' est même parfois intégrée aux devis pour des chantiers de plusieurs semaines». D'autres professionnels font le choix, plus radical, de ne plus intervenir en centre-ville. «Notre secteur, qui traverse une période difficile, perd des marges en refusant des chantiers», déplore le président francilien de la Capeb. «Quant aux particuliers, ils peinent à être dépannés et sont en colère.»

Nouvelle charte «marchandises» à Paris «courant septembre»

Les municipalités semblent conscientes de ces enjeux. Elles ont pour la plupart développé une politique de stationnement spécifique pour les professionnels. A Toulouse, une charte dédiée a été mise en place l'an dernier. Montpellier mise sur son «Système PIAF» d'horodateur embarqué, qui facture le temps de stationnement effectif, tandis qu'à Bordeaux, une convention a été signée en 2006 pour «faciliter le travail des artisans» en allongeant la durée du stationnement et en multipliant les aires de manutention.

Même principe à Paris où la mairie, qui se dit «très attentive» à la situation, propose des cartes Sésame pour les artisans et réparateurs. Un macaron est également disponible pour les dépannages d'urgence, offrant une «certaine tolérance» de stationnement. «Une nouvelle charte 'marchandises' (un accord a déjà été signé en 2006, ndlr) sera signée entre la Ville et des partenaires du commerce, de la distribution et du transport courant septembre», confie-t-on à la mairie de Paris. Des mesures doivent permettre aux professionnels de «mieux circuler tout en préservant l'environnement». Ces efforts sont salués par les artisans. «Encore faut-il trouver des places pour nous garer», avertit Anthony Hadjipanayotou.

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  • calippe3 le lundi 9 sept 2013 à 14:27

    On décourage le travail des petits ....et on va augmenter la prime pour l'emploicherchez l'erreur

  • gb00b04 le lundi 9 sept 2013 à 12:31

    L'esprit BOBO des écolos Parisiens et des élus du Parti Soviétique qui sont contre tout, finit surtout pas couter cher... Le tout vélo et suppression des places de parking à Paris finira aussi par tuer les petits commerces. Les clients habituels des axes comme Magenta ne viennent plus à Paris depuis bien longtemps.

  • JMH01 le lundi 9 sept 2013 à 10:44

    Faut travailler à la campagne, il y a de la place, l'air est pur, les hirondelles vous ch.ent dessus au lieu de mettre un P.V.!! Tout va bien!