"Les archives du rêve" à l'Orangerie : les dessins méconnus du musée d'Orsay

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Le labeur, le nu féminin, les chimères, la mélancolie, la solitude, la mort, le néant : autant de thèmes universels que magnifient 155 dessins du musée d'Orsay, présentés à l'Orangerie des Tuileries à Paris jusqu'au 30 juin. Stefan Ataman/shutterstock.com
Le labeur, le nu féminin, les chimères, la mélancolie, la solitude, la mort, le néant : autant de thèmes universels que magnifient 155 dessins du musée d'Orsay, présentés à l'Orangerie des Tuileries à Paris jusqu'au 30 juin. Stefan Ataman/shutterstock.com

(AFP) - Le labeur, le nu féminin, les chimères, la mélancolie, la solitude, la mort, le néant : autant de thèmes universels que magnifient 155 dessins du musée d'Orsay, présentés à l'Orangerie des Tuileries à Paris jusqu'au 30 juin.

Sélectionnés patiemment par l'historien d'art Werner Spies, ancien directeur du Musée national d'art moderne, ces dessins signés des plus grands, de Fantin-Latour à Degas, en passant par Baudelaire, Courbet, Millet, Cézanne, Redon et Degas, et conservés au Louvre, sont le plus souvent exposés pour la première fois.

"En découvrant ces 80.000 dessins conservés au département des Arts graphiques du musée du Louvre, j'avais devant moi comme le néant, un infini sans rivages. J'ai dû trouver un chemin dans ces archives du rêve", a confié à l'AFP le critique d'art et essayiste allemand, spécialiste du surréalisme.

"Avec Leïla Jarbouai, conservateur des dessins d'Orsay et commissaire avec moi de cette exposition, nous avons choisi le plus spectaculaire de cette extraordinaire et foisonnante collection. Pendant des mois, nous avons travaillé jour et nuit dans les réserves du Louvre. La découverte parmi ces oeuvres de toute splendeur a été une grande joie permanente", raconte Werner Spies.

- De nombreux autoportraits -

Les deux commissaires ont arrêté leur choix subjectif assumé "sur le XIXe mystérieux, celui qui a conduit vers le surréalisme". "Le dessin témoigne d'une richesse d'expression que l'on n'a pas autant avec les tableaux régis par des contraintes très diverses, notamment les désirs des galeristes, l'état du marché... L'exercice du dessin est plus risqué, donc plus riche, dans les coulisses de la création", relève Werner Spies.

"Ne nécessitant que peu d'outils, le dessin est le terrain idéal des libertés plastiques, des expérimentations graphiques. Le journal intime de l'artiste, où se côtoient autoportraits, notations du quotidien et de fragments du monde, visions fantastiques et oniriques", ajoute Leïla Jarbouai.

Parmi ces 155 dessins, des autoportraits de Baudelaire, Millet et Courbet, le portrait d'Achille Emperaire de Cézanne, la femme assise endormie de Courbet au fusain sur papier, le dernier labeur du jour de Giovanni Segantini, des esquisses de Daumier, des nus féminins d'Edouard Degas, une aquarelle à l'encre grise de Manet, des baigneuses immortalisées au crayon noir par Renoir... A chaque fois, des oeuvres regroupés par affinités, selon le goût de Werner Spies, dans une sobre et agréable mise en scène thématique.

L'historien d'art invite le visiteur à prolonger l'exercice avec le volumineux catalogue, en consultation gratuite. Werner Spies a invité une centaine d'artistes contemporains dont David Lynch, Wim Wenders, Daniel Buren, Michael Haneke, Jeff Koons, Annette Messager, Yasmina Reza et David Hockney a un dialogue libre et souvent inattendu avec l'un des dessins des grands maîtres, "pour démontrer que l'art du XIXe est une source d'inspiration toujours d'actualité".

Après Paris, "Les Archives du rêve" seront exposées à Vienne, du 22 janvier au 3 mai 2015.

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