Les apprentis-astronautes sont revenus sur terre

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PREMIER VOL COMMERCIAL EUROPÉEN EN APESANTEUR
PREMIER VOL COMMERCIAL EUROPÉEN EN APESANTEUR

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Quarante personnes soucieuses de réaliser leur rêve d'imiter les astronautes sont revenues sur terre vendredi après avoir participé au premier vol en apesanteur ouvert au public en Europe, le sourire aux lèvres et la tête dans les étoiles.

Ils avaient décollé deux heures plus tôt de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac dans un Airbus A300 "Air Zero G".

Le Centre national d'études spatiales (CNES), sa filiale Novespace et la société Avico ont inauguré ce vol qui a coûté à chacun des 34 hommes et six femmes présents à bord 5.980 euros.

Neuf d'entre eux sont les lauréats d'un concours organisé en janvier dernier par le CNES à l'attention des étudiants, enseignants et représentants des musées et CCSTI (centres de culture scientifique, technique et industrielle) partenaires.

"J'ai souvent imaginé partir dans l'espace, là c'est donc un peu mon rêve qui devient réalité. On pouvait imaginer ce que c'était mais tant qu'on ne l'a pas expérimenté, on n'a pas idée de ce que c'est", a indiqué Aurore, l'une des lauréates.

Liliane, une retraitée suisse venue de Genève, tout sourire, a confié que "c'était magique". "C'est un sentiment magnifique d'être comme ça entre le sol et le plafond de l'avion. C'était hyper doux, on est en harmonie avec notre corps."

Jean-François Soleil, 62 ans, raconte que, jeune ingénieur, il avait travaillé à la Direction générale de l'armement (DGA) et qu'en 1976 l'idée de partir dans l'espace lui était venue.

"J'ai déposé ma candidature pour devenir l'un des premiers spationautes français et à l'époque ça ne s'est pas fait. J'ai fait d'autres choses dans la vie. Ce vol m'a permis de vivre un rêve que j'ai eu tout jeune", a-t-il dit, avouant manquer de mots pour expliquer ses sensations.

La facture est lourde pour ressentir ces sensations, mais bien moins que les 200.000 dollars (150.000 euros) facturés pour un vol suborbital par Virgin Galactic, la société du magnat britannique Richard Branson.

PARABOLES

Ces vols consistent en des phases successives de montées vertigineuses et de descentes en piqué, des "paraboles" permettant de s'affranchir pendant quelques instants des lois de la gravité, entre deux paliers pour reprendre ses esprits.

Un programme de 15 paraboles, soit plus de 5 minutes de pesanteur réduite, est prévu, après quatre ans de préparation.

Encadrés par l'astronaute et président de Novespace Jean-François Clervoy, les 40 passagers ont eu droit à une parabole de pesanteur martienne (0,38g), deux paraboles de pesanteur lunaire (0,16g) et trois séries de quatre paraboles en apesanteur (0g) entrecoupées de pauses de 5 minutes.

"Ce sont des passagers qui viennent juste vivre librement les effets de l'apesanteur sur leur propre corps. Je prends ce vol comme une journée portes ouvertes d'un laboratoire de recherches", a indiqué Jean-François Clervoy à la presse.

"Dès la première parabole, il y a eu des éclats de rire, tout le monde redevient enfant, s'émerveille quand on arrive à l'apesanteur totale, le fait de pouvoir voler librement sans faire d'effort. J'ai vécu ça déjà 3.000 fois, j'ai passé presqu'un mois dans l'espace en trois vols mais je le revis comme eux l'on t vécu à chaque fois", a précisé le scientifique.

Novespace avait jusque-là effectué des vols de ce type dans le cadre de recherches scientifiques. Un deuxième vol est prévu le 23 juin au Salon du Bourget. Les places sont déjà réservées.

Les places pour le troisième vol qui partira de Mérignac au mois d'octobre seront mises en vente à partir du 28 mars. Au total, la campagne 2013-2014 prévoit six vols, soit 240 places.

On peut voler à tout âge, à condition d'être majeur et d'avoir effectué une visite médicale similaire à celles que passent les pilotes d'avions privés.

Les astronautes d'un jour doivent suivre un briefing avant de pouvoir embarquer à bord. Une fois à bord d'"Air Zero G", ils pourront expérimenter la lévitation et manipuler des objets.

L'idée est de sensibiliser le grand public à la recherche spatiale, avait précisé en décembre dernier Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le prix de cette folie spatiale couvrira tous les coûts de l'opération et la marge réalisée sera utilisée pour financer un avion du futur.

La fréquence de ces vols, qui s'ajouteront aux six vols annuels réservés à des missions scientifiques, pourrait augmenter à partir de 2015 en fonction de la demande.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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  • bordo le vendredi 15 mar 2013 à 14:38

    Vous savez comment les américains appellent ce genre de vols : "Puke Airways" ou si vous préférez, "Air dégueuli", parceque lorsque l'on est en apesanteur,c ela vous dérègle les mécanismes de l'oreille interne et l'équilibre et...hop, la queue de renard !

  • fgino le vendredi 15 mar 2013 à 14:30

    moi je viens de payer mon premier tiers et ça y est je suis en apesanteur!