Les appels à la démission de Jouyet se multiplient

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LES APPELS À LA DÉMISSION DE JOUYET SE MULTIPLIENT
LES APPELS À LA DÉMISSION DE JOUYET SE MULTIPLIENT

PARIS (Reuters) - Les appels à la démission du secrétaire général de l'Elysée, qui dit, après l'avoir nié, avoir évoqué avec François Fillon des affaires susceptibles de déstabiliser Nicolas Sarkozy, se multiplient à droite et même dans une partie de la majorité.

Mais les services de la présidence de la République estiment que les affaires en question concernent la droite, même si les révélations du Monde sur cette conversation mettent autant François Hollande dans l'embarras que l'UMP.

"Jean-Pierre Jouyet s'est exprimé, il a apporté les précisions qu'il voulait apporter", dit-on à l'Elysée. "Les affaires dont on parle, que ce soit l'affaire Bygmalion ou l'affaire des comptes de campagne, sont des histoires qui ne concernent pas l'exécutif mais qui concernent la droite."

Un proche de François Hollande qui a déjeuné lundi avec son Premier ministre Manuel Valls avant d'être rejoint au café par Jean-Pierre Jouyet, a abondé dans le même sens.

"Je ne vois pas le président offir le scalp de Jouyet sur un plateau d'argent", dit-il.

"Je ne vois pas pourquoi il démissionnerait, s'il démissionne il blanchit Fillon", explique un autre de ses proches.

Dans le même registre, un porte-parole du Parti socialiste, Carlos da Silva, a déclaré lundi à Reuters que Jean-Pierre Jouyet, "ne démissionnera(it) pas" malgré ses déclarations contradictoires sur la teneur de ses conversations avec François Fillon.

Ce proche du Premier ministre Manuel Valls estime que la droite fait porter la responsabilité "de ses difficultés de ses guerres intestines qui sont d'une violence inouïe à l'Elysée".

"Donc non, Monsieur Jouyet ne démissionnera pas. C'est un problème de la droite qui veut chercher à incriminer l'Elysée dans quelque chose qu'elle arrive pas à régler elle-même", a-t-il dit en précisant s'exprimer "en tant que membre de la direction nationale du Parti socialiste et porte-parole".

Cette ligne de défense est rejetée par la droite.

"Jean-Pierre Jouyet est confondu de manipulation et de mensonge et je crois qu'il doit quitter immédiatement son poste de secrétaire général de l'Elysée", a déclaré lundi sur RTL Gérald Darmanin, porte-parole de Nicolas Sarkozy.

"À qui profite le crime? Évidemment à la gauche et à François Hollande qui souhaitent mettre une espèce de brouhaha dans l'opposition qui se reconstruit."

Dimanche, Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, a lui aussi réclamé la démission de Jean-Pierre Jouyet.

L'ELYSEE FAIT LE GROS DOS

Lors d'un repas fin juin, l'ancien Premier ministre François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy en faisant accélérer les procédures judiciaires à son encontre pour ne pas "le laisser revenir", écrivent les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

François Fillon dément avoir tenu ces propos, et même avoir évoqué les "affaires", et souligne que le rendez-vous dont parle le Monde a eu lieu à la demande de Jean-Pierre Jouyet.

Après avoir démenti les propos qui lui sont prêtés par les journalistes, le secrétaire général de la présidence est revenu sur ses dires dimanches, en affirmant que l'ex-Premier ministre lui avait effectivement parlé de deux affaires : le dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures pour financer le dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et celui du paiement des pénalités liées à l'invalidation de ces comptes.

Son avocat a annoncé lundi que François Fillon allait porter plainte contre les journalistes du Monde. [ID:nL6N0T047N]

L'ancien Premier ministre a expliqué dimanche qu'il porterait plainte contre Jean-Pierre Jouyet s'il était avéré que ce dernier l'a bien accusé devant les journalistes du Monde d'avoir voulu nuire à Nicolas Sarkozy.

L'Elysée se retranche derrière la ligne selon laquelle il n'y a pas eu d'intervention dans les affaires de justice.

"Il y a un principe et une pratique à l'Elysée qui est celle de la non-intervention judiciaire, c'est le cas depuis 2012, c'est le cas aujourd'hui et ce sera le cas demain", dit-on.

DOUTES A GAUCHE

Mais des doutes s'expriment aussi au sein de la majorité.

Jean-Pierre Jouyet "est dans une situation difficilement tenable", a dit sur France Info le député PS Alexis Bachelay. "Il faut qu'il préserve le fonctionnement des institutions. Il ne peut pas être pris dans une tourmente judiciaire."

Pour Jérôme Guedj, un autre député PS, sur Europe 1, "un

PARIS (Reuters) - Les appels à la démission du secrétaire général de l'Elysée, qui dit, après l'avoir nié, avoir évoqué avec François Fillon des affaires susceptibles de déstabiliser Nicolas Sarkozy, se multiplient à droite et même dans une partie de la majorité.

Mais les services de la présidence de la République estiment que les affaires en question concernent la droite, même si les révélations du Monde sur cette conversation mettent autant François Hollande dans l'embarras que l'UMP.

"Jean-Pierre Jouyet s'est exprimé, il a apporté les précisions qu'il voulait apporter", dit-on à l'Elysée. "Les affaires dont on parle, que ce soit l'affaire Bygmalion ou l'affaire des comptes de campagne, sont des histoires qui ne concernent pas l'exécutif mais qui concernent la droite."

Un proche de François Hollande qui a déjeuné lundi avec son Premier ministre Manuel Valls avant d'être rejoint au café par Jean-Pierre Jouyet, a abondé dans le même sens.

"Je ne vois pas le président offir le scalp de Jouyet sur un plateau d'argent", dit-il.

"Je ne vois pas pourquoi il démissionnerait, s'il démissionne il blanchit Fillon", explique un autre de ses proches.

Dans le même registre, un porte-parole du Parti socialiste, Carlos da Silva, a déclaré lundi à Reuters que Jean-Pierre Jouyet, "ne démissionnera(it) pas" malgré ses déclarations contradictoires sur la teneur de ses conversations avec François Fillon.

Ce proche du Premier ministre Manuel Valls estime que la droite fait porter la responsabilité "de ses difficultés de ses guerres intestines qui sont d'une violence inouïe à l'Elysée".

"Donc non, Monsieur Jouyet ne démissionnera pas. C'est un problème de la droite qui veut chercher à incriminer l'Elysée dans quelque chose qu'elle arrive pas à régler elle-même", a-t-il dit en précisant s'exprimer "en tant que membre de la direction nationale du Parti socialiste et porte-parole".

Cette ligne de défense est rejetée par la droite.

"Jean-Pierre Jouyet est confondu de manipulation et de mensonge et je crois qu'il doit quitter immédiatement son poste de secrétaire général de l'Elysée", a déclaré lundi sur RTL Gérald Darmanin, porte-parole de Nicolas Sarkozy.

"À qui profite le crime? Évidemment à la gauche et à François Hollande qui souhaitent mettre une espèce de brouhaha dans l'opposition qui se reconstruit."

Dimanche, Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, a lui aussi réclamé la démission de Jean-Pierre Jouyet.

L'ELYSEE FAIT LE GROS DOS

Lors d'un repas fin juin, l'ancien Premier ministre François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy en faisant accélérer les procédures judiciaires à son encontre pour ne pas "le laisser revenir", écrivent les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

François Fillon dément avoir tenu ces propos, et même avoir évoqué les "affaires", et souligne que le rendez-vous dont parle le Monde a eu lieu à la demande de Jean-Pierre Jouyet.

Après avoir démenti les propos qui lui sont prêtés par les journalistes, le secrétaire général de la présidence est revenu sur ses dires dimanches, en affirmant que l'ex-Premier ministre lui avait effectivement parlé de deux affaires : le dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures pour financer le dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et celui du paiement des pénalités liées à l'invalidation de ces comptes.

Son avocat a annoncé lundi que François Fillon allait porter plainte contre les journalistes du Monde. [ID:nL6N0T047N]

L'ancien Premier ministre a expliqué dimanche qu'il porterait plainte contre Jean-Pierre Jouyet s'il était avéré que ce dernier l'a bien accusé devant les journalistes du Monde d'avoir voulu nuire à Nicolas Sarkozy.

L'Elysée se retranche derrière la ligne selon laquelle il n'y a pas eu d'intervention dans les affaires de justice.

"Il y a un principe et une pratique à l'Elysée qui est celle de la non-intervention judiciaire, c'est le cas depuis 2012, c'est le cas aujourd'hui et ce sera le cas demain", dit-on.

DOUTES A GAUCHE

Mais des doutes s'expriment aussi au sein de la majorité.

Jean-Pierre Jouyet "est dans une situation difficilement tenable", a dit sur France Info le député PS Alexis Bachelay. "Il faut qu'il préserve le fonctionnement des institutions. Il ne peut pas être pris dans une tourmente judiciaire."

Pour Jérôme Guedj, un autre député PS, sur Europe 1, "un secrétaire général doit éviter les difficultés au président".

A droite, on estime que l'enregistrement de la conversation entre François Fillon et Jean-Pierre Jouyet doit être publié pour faire toute la clarté.

C'est ce qu'a demandé lundi sur Europe 1 Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, mais aussi Gérald Darmanin, selon qui sa non-publication nourrit des soupçons sur la présence d'autres personnes à ce déjeuner, et pourquoi pas le chef de l'Etat.

"C'est une accusation très grave qui pourrait aujourd'hui se profiler, que l'exécutif aujourd'hui, plutôt que de s'occuper des intérêts de la France, s'occupe de l'opposition et essaye manifestement de tuer dans l'oeuf la reconstruction de l'opposition", a-t-il dit.

Mais Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont fait savoir qu'ils n'entendaient céder à aucune pression et comptaient garder les bandes pour la justice.

(Chine Labbé, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • 2445joye le lundi 10 nov 2014 à 21:33

    Impossible que la sortie de cette affaire, qui date de juin, ne soit liée au retour de Sarkosy. Et impossible que le secrétaire général de l'Elysée ne lâche ce genre de confidences à des journalistes sans en mesurer les consequences. Quels qu'aient pu être les propos de Fillon, on est en présence d'un coup tordu piloté de l'Elysée, et probablement au plus haut niveau.