Les anti-Thaksin manifestent à Bangkok, la police intervient

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NOUVELLES MANIFESTATIONS ANTIGOUVERNEMENTALES À BANGKOK
NOUVELLES MANIFESTATIONS ANTIGOUVERNEMENTALES À BANGKOK

BANGKOK (Reuters) - Des milliers de partisans de l'opposition thaïlandaise ont manifesté vendredi à Bangkok pour réclamer la chute du gouvernement intérimaire et l'"assainissement" du système politique avant la tenue de nouvelles élections.

Des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser un groupe d'opposants qui tentaient d'entrer de force dans un bâtiment de la police situé dans le nord de la capitale.

La crise thaïlandaise a pris un nouveau cours cette semaine avec l'éviction de la Première ministre, Yingluck Shinawatra, et sa mise en cause pour négligence professionnelle.

Son gouvernement a été remplacé par un cabinet provisoire dirigé par son ancien ministre du Commerce, Niwatthamrong Boonsongphaisan, dont l'objectif est d'organiser des élections anticipées le 20 juillet.

Compte tenu des rapports de force et de l'organisation politique du pays, le Puea Thai de Yingluck Shinawatra, qui a remporté tous les scrutins organisés ces dernières années, devrait être reconduit au pouvoir.

D'où la volonté des contestataires du Comité de réforme démocratique du peuple (PDRC) de différer le scrutin et de réformer au préalable le pays afin d'en finir avec ce qu'ils qualifient de "système Thaksin", du nom du frère de Yingluck Shinawatra qui a gouverné lui-même la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être victime d'un coup d'Etat.

S'adressant à ses partisans, le chef de file de la contestation, Suthep Thaugsuban, a promis de "balayer les débris du régime Thaksin".

Une des banderoles brandies par les manifestants faisait échos à ces revendications: "Aime la Thaïlande, éradique le régime Thaksin".

"La marionnette Yingluck est partie mais notre travail n'est pas fini", indique Pornprasert Chernalom, un petit entrepreneur de 39 ans croisé dans la foule. "Un gouvernement Thaksin illégitime demeure au pouvoir. La prochaine étape de notre lutte est de rendre le pouvoir au public", ajoute-t-il.

Mais le camp d'en face n'entend pas rester inactif.

Des dizaines de milliers de "chemises rouges", les partisans de Thaksin et de sa soeur, sont attendus samedi à Bangkok.

La perspective d'un durcissement des manifestations rivales dans la capitale a conduit les autorités provisoires à déployer 21.000 policiers et militaires dans les rues de Bangkok.

La crise politique, dont le dernier épisode a éclaté en novembre, a également des répercussions sur la situation économique du pays, deuxième puissance économique de l'Asie du Sud-Est qui frôle la récession et où l'indice de confiance des consommateurs a atteint en avril son niveau le plus bas en plus de douze ans.

(Apornrath Phoonphongphiphat, avec Kerek Wongsa, Henri-Pierre André pour le service français)

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