Les anti-mariage gay chantent la famille papa-maman dans les rues de Paris

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Entre un tube de Shakira et un de Zebda, les opposants au mariage gay de tous âges, seuls ou en famille, chantaient dimanche leur hymne propre en battant le pavé parisien: "Les papas, les mamans, dans la rue on descend, le mariage on défend".Sous une marée de drapeaux roses, vêtements de même couleur, le tout à l'effigie de la "Manif pour tous", des dizaines de milliers de manifestants venus de toute la France, soutenus par une puissante sono, ont dit "non" au mariage homosexuel, défilant en trois cortèges.Les forces de l'ordre étaient visibles aux principales intersections mais peu le long des cortèges, malgré le renforcement du plan Vigipirate annoncé samedi.Une rangée de femmes habillées en Marianne --bonnet phrygien rouge, écharpe tricolore, code civil à la main-- ouvrait le cortège à Denfert-Rochereau (XIVe), où se trouvaient les principaux porte-parole de la "Manif pour tous".Près de la place d'Italie, une centaine d'élus, ceints de leurs écharpes tricolores, se sont réunis derrière une banderole "Tous gardiens du code civil".Partout, les pancartes proclament "tous nés d'un homme et d'une femme" ou égrènent les revendications des manifestants: "On veut du sexe, pas du genre", "Nos ventres ne sont pas des caddies".On lit aussi : "papa-maman et les enfants, c'est naturel", "Y'a pas d'ovule dans les testicules", "mariage gay: la loi prive l'enfant d'une mère ou d'un père".Une autre appelle au secours: "Jospin revient, ils sont devenus fous", ou encore plus décalée: "Chirac président!" Et "Mitterrand démission".Venu de Haute-Loire, Jacques Julien, 70 ans, qui dit avoir voté Hollande, brandit lui une pancarte affirmant : "Base de la famille, un homme et une femme!". "Je dis tout haut ce que pensent bien des gens de gauche", déclare-t-il.Les ballons roses, blancs et bleus apparus lors de la première manifestation contre le projet d'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, le 17 novembre, flottent à nouveau. Des manifestants arborent des maquillages bleu et rose.Appel aux donsPorte Maillot, où la circulation n'a pas été arrêtée, des cadres du Front National, dont Louis Aliot, vice-président du parti, brandissent des drapeaux français ou frappés de la fleur de lys.Au passage de ce cortège, une douzaine de jeunes gens ont pris position, la bouche barrée de gros scotch, silencieux...Les manifestants de Civitas, réunis place Pinel (XIIIe), portent eux des drapeaux illustrés du Sacré-Coeur, avec un coeur rouge surmonté d'une croix. "Non à la décadence maladive", dit une banderole.Un groupe d'hommes jeunes aux crânes rasés, habillés de noir, rejoint des sympathisants de l'Alliance royale, parti monarchiste. Sur le camion du cortège, les organisateurs ont accroché une peinture religieuse montrant Marie et Jésus sur leur âne, guidé par un ange, aux côtés de Joseph.Tout le monde doit converger au Champ-de-Mars où deux écrans géants ont été installés. Dans les avenues proches, au moins quatre compagnies de CRS ou d'escadrons de garde-mobiles ont pris position.Cette organisation a un coût et les organisateurs font appel aux dons. Avenue du président Wilson, des bénévoles, en vert, tiennent des sacs ouverts: "C'est pour rembourser la manifestation, soyez généreux".

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