Les annonces de Hollande suscitent irritation et questions

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* Pour l'UMP, Hollande "joue sur les mots" en matière fiscale * L'idée d'un référendum sur un service civique est raillée * Les 15.000 emplois "verts" évoqués ont déjà été votés (Actualisé avec sondage Odoxa) par Julien Ponthus PARIS, 7 novembre (Reuters) - Les annonces faites par François Hollande ont suscité vendredi des critiques féroces dans l'opposition mais aussi dans sa majorité, Anne Hidalgo digérant mal la volonté présidentielle d'organiser les JO de 2024 dans sa ville de Paris. Le chef de l'Etat a voulu donner jeudi soir une tonalité optimiste à son intervention télévisée de mi-quinquennat, avouant qu'il s'était "cramponné" depuis deux ans et demi dans un contexte de marasme économique et d'impopularité record. Soucieux de lancer de grands projets porteurs, François Hollande, qui n'a pas été jugé convaincant par 78% des Français, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, a ainsi annoncé la candidature de la France à l'organisation d'une Exposition universelle en 2025 et s'est déclaré favorable à l'organisation des Jeux olympiques à Paris en 2024. Anne Hidalgo, qui s'est toujours montrée réticente vis-à-vis d'une candidature de Paris en raison de son coût et des retombées économiques incertaines des Jeux, a vivement répliqué vendredi à cette manière de court-circuiter le débat. "Je ne suis pas dans la surenchère et je ne suis pas dans la course après des rêves", a-t-elle dit, assurant que "rien ni personne" ne la ferait changer de calendrier pour décider d'une éventuelle candidature de Paris, pour laquelle une étude de faisabilité est attendue en janvier. ID:nL6N0SX2SY Les autres annonces ont aussi été critiquées, dont la promesse qu'"à partir de l'année prochaine il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit". Pour l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand, François Hollande "se moque du monde, se moque des Français". "Ce que je ne comprends pas c'est que François Hollande continue à jouer sur les mots", a-t-il dit sur Europe 1, évoquant la taxe sur les résidences secondaires et l'augmentation de celle sur le gazole prévues en 2015. UN SERVICE UNIVERSEL CONTROVERSÉ De source gouvernementale, on explique que la déclaration du président s'entendait par rapport aux hausses d'impôts ou de taxes déjà annoncées en 2014 pour 2015. "Dans nos actes, il n'y aura plus maintenant de hausse d'impôts", explique-t-on vendredi au sommet de l'Etat, où l'on assurait que les craintes d'un grand soir fiscal n'avaient plus lieu d'être, notamment concernant la fusion de l'impôt sur le revenu et la Contribution sociale généralisée (CSG). François Hollande s'est aussi attiré une volée de bois vert avec son idée de référendum sur l'instauration d'un service civique universel obligatoire pour les jeunes de 16 à 25 ans. Le co-fondateur du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a raillé "une invention de dernière minute, le travail forcé gratuit pendant trois mois, rebaptisé service universel". La présidente du Front national a jugé cette idée "dérisoire face aux problèmes immenses, et de surcroît assez contestable". "Il y a une sorte de création d'un travail obligatoire", a ajouté Marine Le Pen, déplorant n'avoir vu "pas une seule annonce concrète en deux heures d'émission". L'actuel service civique, d'une durée de six à 12 mois, effectué par 32.000 jeunes en 2013, est quant à lui indemnisé. Au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, on expliquait vendredi que le nouveau service évoqué par François Hollande consisterait à valoriser l'engagement bénévole des jeunes sur une période plus courte que le service civique. Outre un référendum encore hypothétique, rendre ce service obligatoire poserait des problèmes juridiques. L'ancien ministre UMP de l'Education nationale, Luc Ferry, notait dans un rapport de 2008 que rendre un service civique obligatoire risquerait d'être assimilé à un travail forcé, proscrit par la convention européenne des droits de l'Homme. L'annonce de la création de 15.000 emplois d'avenir supplémentaires a aussi été reçue avec ironie, puisqu'il s'agit d'un simple rappel d'une décision déjà votée par l'Assemblée nationale, ce que l'Elysée a confirmé vendredi. (Avec Elizabeth Pineau et Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • kikiblis le samedi 8 nov 2014 à 16:01

    Pourquoi les Français ne descendent-ils pas dans la rue pour renverser ce NUL! Plutot que de descendre faire des greves a droite et a gauches, il faut réagir maintenant!!! Renverser le avant meme que la France ne sombre dans le "sous-développement"! C'est insoutenable, d'avoir une France aussi anti business développement. On a besoin des gens riches pour créer des sociétés et des emplois, d'avoir un impôt raisonnable qui favorise la croissance! Pourquoi payerons nous pour des parasites!

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