Les Américains et les Anglais s'offrent plus facilement nos vieilles pierres

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La baisse de l'euro face au dollar et à la livre leur permet aujourd'hui de faire de très bonnes affaires.

Les Américains et les Britanniques savent compter et ils regardent aujourd'hui d'un ½il neuf le marché immobilier français. La forte baisse de l'euro face au dollar et à la livre depuis quelques mois les met en effet en position de faire de bonnes affaires en achetant un pied-à-terre en France. Et ce d'autant plus que les prix des résidences secondaires ont nettement baissé. «Pour les Américains, l'économie est d'environ 50 % ; ils gagnent à la fois sur le taux de change et sur la baisse des prix», calcule Alexander Kraft, le président de Sotheby's International Realty France et Monaco.

Et, selon lui, les ajustements de prix ne sont pas terminés, «on peut s'attendre à encore 10 à 15 % de baisse car il y a beaucoup de biens à vendre». Pour Laurent Demeure, le président de Coldwell Banker France et Monaco, les prix devraient atteindre un plancher en juin. Les professionnels de l'immobilier sont conscients du nouvel appétit des Anglo-Saxons pour la pierre française. Et ils s'organisent. Le réseau John Taylor a récemment signé un accord de partenariat avec son homologue américain Corcoran. Chez Sotheby's, les réseaux français et britannique travaillent désormais plus étroitement ensemble. Laurent Demeure chez Coldwell Bankers entend lui aussi faire jouer à plein les synergies avec le réseau américain. Les Suisses, dont la monnaie s'est pourtant envolée, ne semblent pas en revanche s'intéresser beaucoup à la pierre française en dehors des régions frontalières.

Paris et la Provence

Les biens que recherchent les Américains et les Britanniques diffèrent. «À Paris, les Américains sont présents surtout rive gauche, à Saint-Germain souvent. Ceux qui achètent sont des amoureux du patrimoine culturel et historique français», explique Charles-Marie Jottras, le président de Féau. Quelques exemples: un appartement vendu par Féau 11 millions d'euros sur le Champ-de-Mars ou cet autre Américain qui s'est offert une vue exceptionnelle sur Notre-Dame pour 1,5 million d'euros.

Ces acheteurs venus du Nouveau Monde sont aussi depuis longtemps attirés par le sud de la France. «Leur retour est visible en Provence. Leur économie va mieux et ils nous disent que la chute de l'euro est un élément déclencheur. Nous venons d'ailleurs de vendre à des Américains une sublime propriété de quelques dizaines d'hectares dans le sud des Alpilles», explique Philippe Boulet chez Émile Garcin. Vendue entre 8 et 10 millions d'euros, cette propriété(ci-dessus), parfaitement restaurée avec une très belle vue, était proposée 12 millions quand elle avait été mise en vente. Les Britanniques sont aussi de retour dans le sud de la France. «Entre la hausse de la livre et la baisse des prix, ils ont gagné 20 % de pouvoir d'achat en un an», estime Philippe Boulet.

Des acheteurs rationnels

Plusieurs cherchent des maisons entre 1,5 et 2 millions d'euros près de Saint-Rémy. «Mais ils sont très exigeants, n'acceptent aucune nuisance, bruits de route... ni de travaux mal faits», précise-t-il. Les Britanniques aiment aussi traditionnellement l'ouest de la France. «Dans notre agence des Saintes, ils représentent une demande sur quatre», précise Coldwell Banker. Avec des budgets plus resserrés: une belle maison de maître de 270 m2 sur un terrain de 7 000 m2 dans un quartier historique de Saintes ne dépasse pas 355 000 euros (travaux à prévoir).

Beaucoup des Anglo-Saxons qui achètent dans nos campagnes n'agissent plus sur un coup de c½ur. Ce sont des acheteurs rationnels. Ils sont souvent décidés à louer leur propriété quand ils n'y viennent pas et l'aménagent pour cela. «Ils peuvent ainsi couvrir les frais, qui atteignent 200 000 euros par an pour une grande propriété», explique Philippe Boulet. Une manière de placer son argent tout en profitant de l'art de vivre à la française.

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  • b.renie le mercredi 25 mar 2015 à 06:08

    La baisse de l'euro au dessous de sa valeur réelle entre 1.14.et1.16 USD met aussi nos entreprise à la merci d'appétits chinois. Monsieur Martinez (secrétaire général de la CGT) en déclarant j'ai deux ennemis le gouvernement et le patronat raisonne comme une pioche. La guerre économique que permet le non contrôle du marché des changes, ne permet pas de mettre la compétitivité de nos entreprises en position de faiblesse. Les OPA peuvent être hostiles