Les Américains en ont plus qu'assez des politiques, dit Obama

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SELON BARACK OBAMA, LES AMÉRICAINS EN ONT PLUS QU'ASSEZ DE LEUR CLASSE POLITIQUE
SELON BARACK OBAMA, LES AMÉRICAINS EN ONT PLUS QU'ASSEZ DE LEUR CLASSE POLITIQUE

par Steve Holland et Mark Felsenthal

WASHINGTON (Reuters) - "Les Américains en ont plus qu'assez" de leur classe politique, a déclaré jeudi Barack Obama au lendemain du compromis de dernière minute sur le relèvement du plafond de la dette.

Le président américain a invité les parlementaires à s'attaquer aux réformes de l'immigration et de l'agriculture et à s'entendre sur un budget durable. Les événements des deux dernières semaines à Washington, a-t-il poursuivi, ont infligé des dégâts "totalement inutiles" à l'économie américaine.

"Tous mes amis du Congrès doivent comprendre que la façon dont le travail est fait dans cette ville doit changer, parce que nous avons tous beaucoup de pain sur la planche."

Barack Obama s'exprimait une douzaine d'heures après avoir promulgué la loi sur le relèvement du plafond de la dette et la reprise de l'activité dans les services publics, qui ont été en partie paralysés pendant 16 jours.

"Maintenant que l'administration a rouvert et que cette menace pour l'économie est levée, nous devons tous cesser de nous focaliser sur les lobbyistes, les blogueurs, les animateurs de radio et les militants professionnels qui profitent des conflits pour nous concentrer sur ce que la majorité des Américains nous ont envoyés faire ici", a-t-il ajouté.

La loi qu'il a promulguée mercredi n'apporte qu'une solution temporaire et ne résout en rien la question du contrôle des dépenses fédérales ni celle du déficit budgétaire qui divisent profondément républicains et démocrates.

Elle permet le financement des services fédéraux jusqu'au 15 janvier et autorise le Trésor à emprunter jusqu'au 7 février, en lui laissant une marge de manoeuvre supplémentaire si le Congrès ne parvient pas à un accord définitif au début de l'an prochain.

Le compromis ne tient pas compte de la principale demande des républicains qui, sous l'influence du 'Tea Party', favorable à une forte réduction de la fiscalité et des dépenses publiques, voulaient remettre en cause l'ensemble de la réforme du système de santé, dite "Obamacare".

FOLIE

Les déclarations du président démocrate n'ont guère impressionné les républicains, qui lui promettent de nouvelles heures difficiles.

"Le président doit finalement prendre conscience que les républicains ont remporté la majorité à la Chambre et qu'il partage la responsabilité de gouverner", a réagi Brendan Buck, porte-parole du président de la Chambre des représentants, John Boehner. "Si le président persiste à refuser de négocier ou à effectuer la moindre véritable concession, je ne sais pas comment il espère qu'on parvienne à quoi que ce soit susceptible d'aider le peuple américain."

Un attaché parlementaire républicain de haut rang a aussi déclaré: "Où était-il durant tout ce temps? Se montrer une fois que tout est fini pour venir donner des leçons, ça ne sert à rien."

L'échec des républicains à fragiliser l'Obamacare a semé la discorde au sein du Grand Old Party, auquel l'opinion impute la responsabilité de la crise.

"Nous avons mené bataille. Il est temps maintenant de nous replier et d'identifier les choses sur lesquelles nous pouvons nous entendre", a estimé le député républicain Tom Cole, membre de l'équipe chargée des négociations à venir sur le budget.

Plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires mis en chômage technique pendant le "shutdown" des services publics ont repris le travail jeudi. Le vice-président Joe Biden a lui-même apporté des viennoiseries aux membres de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), tandis que le secrétaire à l'Agriculture Tom Vilsack accueillait le personnel de son ministère.

"J'espère juste que nous ne vivrons pas ça de nouveau dans deux mois", a déclaré une sous-traitante de l'EPA.

La croissance économique américaine sera sans doute inférieure à ce qui était initialement prévu en raison de l'érosion de la confiance provoquée par la crise politico-budgétaire qui a sévi ces deux dernières semaines à Washington, montre une enquête Reuters publiée jeudi. (voir )

Le quatrième trimestre 2013 devait être celui de la transition vers une croissance plus solide, mais les économistes interrogés sont de moins en moins optimistes.

"La folie à Washington pénalise la confiance du consommateur et des entreprises. C'est une véritable entrave pour la croissance", a estimé Joel Naroff, économiste en chef chez Naroff Economic Advisors.

L'enquête réalisée auprès de plus de 70 économistes entre le 11 octobre et mercredi table sur une croissance de 2,3% du produit intérieur brut en rythme annualisé sur les trois derniers mois de l'année.

En avril 2011, la quasi-fermeture de l'administration américaine avait déjà conduit à une impasse sur le plafond de la dette en juillet et en août suivants, ce qui mis les Etats-Unis au bord du défaut et leur a fait perdre leur précieux triple "AAA".

Avec Jeff Mason; Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français

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  • dupon666 le jeudi 17 oct 2013 à 23:17

    ça serait plus simple avec une dictature

  • dcouplet le jeudi 17 oct 2013 à 20:46

    eux aussi ?

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