Les alliés de Cuba se joignent à l'hommage populaire à Castro

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    par Daniel Trotta et Sarah Marsh 
    LA HAVANE, 30 novembre (Reuters) - Plusieurs dirigeants de 
pays amis de Cuba se sont joints mardi soir à la foule 
rassemblée sur la place de la Révolution à La Havane pour rendre 
hommage à Fidel Castro, décédé vendredi à l'âge de 90 ans. 
    Fidel Castro reste, notamment en Amérique latine et en 
Afrique, un symbole de résistance à l'"impérialisme" américain 
et de la défense des pauvres. 
    Le leader de la révolution qui entraîna la chute du 
dictateur Fulgencio Batista en 1959 reste pour d'autres, 
notamment les Cubains exilés en Floride, un tyran qui a muselé 
ses opposants et conduit le pays à la ruine économique en 
imposant ses convictions socialistes. 
    Des "Viva Fidel" ont résonné mardi soir sur la place de la 
Révolution de La Havane où s'étaient rassemblées des dizaines de 
milliers de personnes. La foule a aussi repris un autre célèbre 
slogan des luttes sociales en Amérique latine: "Le peuple uni ne 
sera jamais vaincu". 
    Après de longues files d'attente, des milliers de Cubains, 
certains en pleurs ou enveloppés du drapeau national, ont défilé 
devant le portrait que Fidel Castro lui-même préférait, sur 
lequel on peut le voir en tenue militaire armé d'un fusil. De 
nombreux fonctionnaires et élèves sont venus en groupes dans le 
centre de la capitale où l'ancien "lider maximo" prononçait 
autrefois ses longs discours enflammés. 
    Les représentants de la gauche latino-américaine étaient 
présents, tels les présidents bolivien Evo Morales et 
vénézuélien Nicolas Maduro, qui a échangé une accolade avec Raul 
Castro, frère de Fidel auquel ce dernier a transmis le pouvoir 
il y a 10 ans. 
    "Evaluer la réussite ou l'échec du modèle économique cubain 
sans tenir compte de l'embargo criminel de plus de 50 ans (des 
Etats-Unis) relève de la pure hypocrisie", a pour sa part 
déclaré le président équatorien Rafael Correa. 
    La Maison blanche a annoncé que les Etats-Unis n'enverraient 
aucune délégation présidentielle à cette cérémonie même si 
Barack Obama, qui a entrepris en 2014 de nouer des relations 
diplomatiques avec Cuba, a déclaré que les Etats-Unis tendaient 
"une main de l'amitié au peuple cubain". 
     
    "ADIEU, CHER FRÈRE" 
    Les Etats-Unis devaient être représentés par Ben Rhodes, qui 
a été la voix de Barack Obama durant les 18 mois de négociations 
secrètes ayant abouti au dégel des relations avec Cuba, et par 
Jeffrey DeLaurentis, le principal diplomate américain en poste 
sur l'île. 
    Le rapprochement engagé par Barack Obama est désormais 
menacé par son successeur Donald Trump. Le président américain 
élu a qualifié Fidel Castro de "dictateur brutal" et il a promis 
d'en revenir à une ligne dure à l'égard de Cuba si l'île ne 
s'engage pas sur la voie de réformes politiques, le genre de 
pressions auxquelles les frères Castro ont toujours résisté. 
    Parmi les dirigeants qui ont fait le déplacement à La Havane 
figurent le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, et celui 
d'Afrique du Sud, Jacob Zuma. Nelson Mandela avait remercié à de 
multiples reprises Fidel Castro pour ses efforts dans la lutte 
contre l'apartheid en Afrique du Sud. 
    Quant à Robert Mugabe, ancien membre d'une guérilla marxiste 
désormais âgé de 92 ans, il a remercié le pouvoir castriste pour 
avoir participé à la formation de milliers de médecins et 
d'enseignants au Zimbabwe. 
    "Fidel n'était pas seulement votre chef. Il était notre chef 
et le chef de tous les révolutionnaires. Nous le suivions, nous 
l'écoutions et nous essayions de l'imiter", a dit Robert Mugabe, 
au pouvoir depuis 1980 au Zimbabwe, à son arrivée à La Havane. 
    "Adieu, cher frère. Adieu, révolutionnaire", a-t-il ajouté. 
    La Chine a dépêché son vice-président Li Yuanchao tandis que 
Xi Jinping s'est rendu mardi à l'ambassade de Cuba à Pékin pour 
présenter ses condoléances, affirmant que son pays avait perdu 
un "camarade proche et un véritable ami". 
    Le président russe Vladimir Poutine ne s'est pas rendu à La 
Havane mais a salué en Fidel Castro "un authentique ami de la 
Russie" 
    Les autorités cubaines ont décrété neuf jours de deuil. Un 
convoi transportant les cendres de Fidel Castro partira mercredi 
de La Havane pour se rendre à Santiago, dans l'est de l'île, où 
elles reposeront après avoir effectué le chemin inverse de celui 
parcouru par les révolutionnaires castristes jusqu'à leur prise 
de pouvoir il y a plus d'un demi-siècle. 
 
 (Avec Nelson Acosta et Ana Isabel Martinez; Pierre Sérisier et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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  • M7163258 il y a 6 mois

    le "vénézuélien Nicolas Maduro" la relève, le prochain dictateur qui continuera à danser la salsa pendant que le peuple subit l'hyper inflation et les misères qu'elle engendre. Comme fidèle collectionnait les conquêtes féminines pendant que les Cubains étaient au régime sec et que les opposants étaient éliminés...