Les Algériens de France votent déjà

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Les Algériens de France votent déjà
Les Algériens de France votent déjà

LE VISAGE EST SOURIANT, le regard un brin figé. Au coeur de Barbès, dans le nord de Paris, le portrait d'Abdelaziz Bouteflika s'étale sur tous les murs ou presque. L'image du président algérien est omniprésente dans ce quartier populaire où résident de très nombreux Franco-Algériens invités à se rendre aujourd'hui au consulat pour participer au scrutin présidentiel qui se tiendra jeudi 17 avril en Algérie. « Il est sur toutes les affiches, mais on ne peut pas dire qu'il soit très présent », raille Habdelkrim Hadj Mehdi, chargé de communication de la campagne en France d'Ali Benflis, principal concurrent de Bouteflika. A 73 ans, le président sortant n'a pratiquement pas fait d'apparition publique depuis qu'il a été victime d'un accident vasculaire cérébral en avril. Il brigue pourtant un quatrième mandat, avec l'aide de ses ministres qui battent campagne à sa place.

« On présente quelqu'un qui est mourant et qui ne parle pas à son peuple ! tempête Habdelkrim Hadj Mehdi. Comment François Hollande et Laurent Fabius peuvent-ils aller défendre la démocratie partout dans le monde et ne pas mettre le doigt sur ce scandale ? » Dans ce local de campagne fait de bric et de broc, des sympathisants de Benflis sirotent du thé et s'indignent, en arabe comme en français, de « la mafia qui règne sur l'Algérie », quand ils n'ironisent pas sur « le fantôme ». « Mais ce n'est pas tellement à lui qu'on en veut, souligne Abderhamane, 52 ans. Il est pris en otage par son clan, qui l'utilise. » Cet avocat souhaite voter pour Benflis, « un peu par défaut », dans l'espoir que la situation économique de son autre pays s'améliore. Il habite à Paris depuis vingt et un ans, mais son épouse est à Alger. « Elle va voter pour Bouteflika, elle a trop peur du terrorisme », explique-t-il. Un vieux monsieur persifle à ses côtés : « Elle souffre du syndrome de Stockholm. Mais ça ne va rien changer. La fraude est le sport ...

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