Les agrocarburants, un bilan carbone mitigé, selon une nouvelle étude européenne

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(Commodesk) Le changement d'affectation des sols, rendu nécessaire pour la production des agrocarburants, a un impact négatif en terme de bilan carbone. La conclusion du rapport de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) porte un coup de massue aux politiques de développement durable. Et doit servir de base aux propositions législatives de la Commission européenne. L'objectif de 10% d'énergies renouvelables dans le secteur des transports européen pour 2020 entraînera des rejets de gaz à effet de serre propres au changement d'attribution des terres, qui annuleraient plus des deux tiers des économies réalisées grâce à l'utilisation de solutions alternatives, souligne l'IFPRI. Même si, pour l'European Biodiesel Board, le calcul de ces émissions est surestimé. Ainsi, expliquait l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) en septembre dernier, lorsque le développement de cultures utilisées pour la production de biocarburants aboutit, directement ou indirectement, à la disparition de prairies, de zones humides ou de forêts primaires, le bilan en équivalent CO2 des biocarburants peut s'avérer négatif. Dans le pire des cas, certaines filières perdent même leur caractère renouvelable : "Pour la palme et la canne à sucre, les scénarii pessimistes leur laissent un gain par rapport à la filière fossile, mais le réduisent assez fortement. Le soja est quant à lui très fortement impacté par la prise en compte de ces émissions, quels que soient leurs niveaux. Il faut un scénario modéré pour qu'il reprenne un léger avantage sur la filière fossile de référence''. Finalement, selon Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, l'étude va plus loin et met en lumière une "politique européenne en matière d'agrocarburants, conçue avant tout pour sécuriser les besoins en mobilité future et non pour lutter contre les changements climatiques. Cette étude est un pavé dans la mare : il faut réduire la demande et arrêter la fuite en avant". La Commission européenne risque désormais d'avoir quelques difficultés à concilier ses objectifs énergétiques et climatiques qui passent, eux, par une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.
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