Les agriculteurs manifestent

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LES AGRICULTEURS MANIFESTENT
LES AGRICULTEURS MANIFESTENT

PARIS (Reuters) - Stéphane Le Foll a tenté mardi de rassurer les agriculteurs qui manifestent dans toute la France pour protester contre les contraintes qui pèsent selon eux sur leur secteur, à quelques heures de l'examen d'un projet de loi sur l'agriculture.

Quelque 250 agriculteurs se sont rassemblés place de la Concorde mardi matin à l'appel de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes Agriculteurs.

"On vient délivrer notre message aujourd'hui au gouvernement pour dire qu'on en a véritablement ras-le-bol de cette politique de décroissance qui chaque jour, chaque mois qui passe, vient plomber un peu plus nos exploitations et la compétitivité de nos exploitations", a dit un manifestant aux journalistes.

Dans la ligne de mire des agriculteurs, l'interdiction de l'épandage de pesticides à moins de 200 mètres de lieux publics, prévue par le projet de loi d'avenir pour l'agriculture qui est examiné mardi en deuxième lecture par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale.

Face à la colère des agriculteurs, Stéphane Le Foll s'est voulu rassurant en indiquant une nouvelle fois que l'interdiction d'épandage, prévue par un amendement, ne concernerait que certains lieux sensibles et que d'autres mesures de précaution, outre la distance, étaient envisagées.

"Il faut protéger les lieux des éventuels phytosanitaires qui peuvent être portés par le vent, je crois que c'est quand même nécessaire", a dit le ministre de l'Agriculture sur RTL.

Mais, a-t-il poursuivi, "il n'a jamais été question, comme c'est dit, d'avoir une bande de 200 mètres autour de toutes les habitations parce que là c'est vrai qu'on atteint des chiffres et des surfaces qui sont incompatibles avec l'activité agricole".

"PARISIENS ET BOBOS"

"Oui à la protection - écoles, maisons de retraite, crèches... -, non il n'y aura pas cette zone d'exclusion de 200 mètres autour des habitations, il n'y en jamais eu", a insisté le ministre.

Il a évoqué des protections qui peuvent être mises sur les épandeurs pour empêcher la dispersion, des haies et des protections physiques.

Un message d'apaisement déjà délivré la semaine dernière par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal qui n'a manifestement pas convaincu les manifestants parisiens qui brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Laissez-nous travailler pour manger français demain" ou "Halte aux contraintes, la coupe est pleine".

"Ce que nous voulons demain, c'est pouvoir avoir des conditions de production" a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FDSEA 77. "Les conditions de production c'est quoi? C'est la capacité à l'innovation et à la recherche, c'est la capacité à pouvoir utiliser des produits phytopharmaceutiques, tout un tas de choses dont nous avons besoin pour travailler, dans le respect de l'environnement".

"Qui mieux que nous connaît la campagne?", a-t-il ajouté. "Ça suffit que des Parisiens et des bobos viennent nous expliquer ce que nous devons faire chez nous".

(Sophie Louet, avec Sébastien Dufour et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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  • j.delan le mardi 24 juin 2014 à 13:11

    @ M4960905 : vous êtes sans doute un excellent connaisseur du monde agricole et des écoles d'agriculture, mais c'est ne grosse sottise de dire que les pesticides ne profitent qu'aux chimistes; Accessoirement Merci de nous dire brièvement ce qu'est le raisonable en matière agronomique.

  • M4960905 le mardi 24 juin 2014 à 12:01

    Les pesticides ne profitent qu'aux chimistes .La fnsea était la protégée de Chirac .Il faut s'adapter et apprendre à cultiver de façon raisonnable, ce qui n'est pas enseigné dans les école d'agriculture

  • M3182284 le mardi 24 juin 2014 à 11:59

    En finir avec la rue, réhabiliter les urnes. L'abstentionnisme se nourrit de la lacheté des pouvoirs publics face aux casseurs. Les Egyptiens qui enferment des journalistes ( djihadistes) pourraient nous dire comment traiter les casseurs/maîtres chanteurs