Les agents pénitentiaires manifestent à Marseille

le
1
MANIFESTATION D'AGENTS PÉNITENTIAIRES À MARSEILLE
MANIFESTATION D'AGENTS PÉNITENTIAIRES À MARSEILLE

MARSEILLE (Reuters) - Une centaine d'agents pénitentiaires de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont manifesté vendredi à Marseille pour demander du personnel supplémentaire après la publication d'un rapport accablant sur l'état de la prison des Baumettes.

Selon les syndicats CGT et FO, il manque 76 postes de surveillants pour le seul centre des Baumettes, sans compter les services administratifs et sociaux.

"Ce rapport pointe des choses que l'on dénonce depuis deux décennies alors que nous sommes dans une ville où la population pénitentiaire n'est pas facile", a dit Khalid Belyamani, secrétaire régional de la CGT PACA-Corse et surveillant aux Baumettes.

"Le manque d'entretien qui est dénoncé est dû à un service technique décimé. La vie pénitentiaire est partagée par les détenus et les surveillants. Le manque criant de personnel a des conséquences", a-t-il ajouté.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a dénoncé dans son rapport l'insalubrité "consubstantielle" au centre pénitentiaire des Baumettes, ce qui constitue selon lui une "violation grave" des droits fondamentaux des prisonniers.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a répondu que le gouvernement, qui a hérité d'un parc pénitentiaire "en mauvais état", avait décidé "de procéder à un vaste programme de rénovation pour plus de 800 millions d'euros".

Entre autres problèmes, le rapport cite le traitement des déchets, avec des monte-charge fréquemment en panne, des salles de douches "crasseuses" et des rats qui pullulent.

Ces problèmes viennent s'ajouter à la surpopulation de cette prison, construite en 1936, où le taux d'occupation était de 145,80% au 1er octobre, avec 1.769 prisonniers pour 1.190 places, souligne le rapport.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui a saisi la ministre de la Justice selon une procédure d'urgence utilisée pour la deuxième fois seulement, déplore par ailleurs le développement de la violence sur place, avec quatorze contusions multiples, huit plaies profondes, sept fractures et plaies, trois trauma crâniens et un viol constatés en 2012.

Il signale la réduction des budgets de l'établissement, qui ont reculé de 7,2% en 2012, et expliquent selon lui en partie la pénurie d'activités de l'établissement.

Un projet de restructuration de cet établissement pénitentiaire est en cours, et doit s'achever en 2017.

François Revilla, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M835627 le vendredi 7 déc 2012 à 15:13

    Qu'ils se fassent muter à Pau où on se la coule douce, parait-il!