Les agences humanitaires taxent l'Onu d'inefficacité en Syrie

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LES AGENCES HUMANITAIRES TAXENT L'ONU D'INEFFICACITÉ EN SYRIE
LES AGENCES HUMANITAIRES TAXENT L'ONU D'INEFFICACITÉ EN SYRIE

par Dasha Afanasieva

GAZIANTEP Turquie (Reuters) - Sept semaines après l'entrée en Syrie de 78 camions d'aide humanitaire envoyés par l'Onu, les organisations caritatives ignorent où cette assistance a pu être distribuée et se demandent si elle a atteint les populations qui en avaient le plus besoin.

Le convoi, chargé de nourriture, de médicaments et de couvertures destinés à la province majoritairement kurde d'Hassakah, devait permettre de tester l'attitude de Damas et des rebelles après l'adoption en février d'une résolution des Nations unies qui leur enjoint de laisser l'aide humanitaire passer les frontières et transiter par les voies les plus directes.

Depuis, aucun registre de distribution n'a été publié ni pour le convoi en question ni pour aucune autre mission humanitaire de l'Onu, ce qui ne facilite pas la coordination avec les organisations non gouvernementales présentes à Gaziantep, près de la frontière turque.

"Nous ne savons toujours pas où il est allé et cela nous dérange. L'Onu est prisonnière du régime", s'indigne ainsi un fonctionnaire turc ayant requis l'anonymat.

Les Nations unies évaluent à 3,5 millions le nombre de Syriens ayant besoin d'une aide d'urgence, ce qui en fait la crise humanitaire la plus grave au monde. Sur ce total, 240.000 personnes se trouvent dans des zones assiégées par les forces gouvernementales ou par les rebelles.

Le convoi de l'Onu, qui a pénétré en Syrie via un poste frontière quasi déserté, devait se rendre dans un secteur aux mains de l'armée régulière. Selon Damas, son chargement a été remis à des organisations locales telles que le Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS). Ni l'antenne damascène de l'Onu ni le CRAS n'ont pu être contactés.

ASSAD S'ACCAPARE TOUT LE MÉRITE

Dans leur résolution de février, les Nations unies brandissent la menace de "mesures supplémentaires" en cas de non respect des clauses. Or, en l'absence d'informations sur la distribution de l'aide, rien ne permet de veiller à leur application.

En raison du manque de coordination, l'aide ne parvient pas aux zones prioritaires, déplorent plusieurs organisations humanitaires internationales dans une lettre adressée le mois dernier au Conseil de sécurité.

"Je ne peux pas savoir si c'est bien fait ou pas puisque l'Onu ne nous a pas dit exactement à qui l'aide avait été remise", renchérit le chef de mission d'une ONG occidentale, qui a tenu lui-aussi à rester anonyme.

"C'est doublement dommageable parce qu'en plus de l'absence de responsabilité, de transparence et de coordination, Assad s'accapare tout le mérite (de l'aide humanitaire) et juge criminel tout franchissement de la frontière vers les zones rebelles", ajoute-t-il.

Les ONG regrettent en outre qu'en dépit de leurs multiples demandes, l'Onu n'ait toujours pas dévoilé la méthode qu'elle utilise pour déterminer les zones prioritaires ni celle qui lui permet de savoir ce que devient son aide une fois distribuée.

Une organisation humanitaire européenne dit avoir annulé une mission de distribution prévue il y un mois dans la province d'Idlib après été avertie à la veille de son lancement que les Nations unies en prévoyaient une au même endroit.

"L'Onu n'est pas seule. Elle devrait partie du groupe. Nous sommes tous égaux", ajoute le chef de mission de l'ONG occidentale dont les 30 camions livrent chaque mois de la nourriture à Alep et à Idlib.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • v.sasoon le mardi 13 mai 2014 à 16:11

    http://www.zerohedge.com/news/2014-05-13/farce-complete-joe-bidens-son-joins-board-largest-ukraine-gas-producer