Les agences de notation surveillent François Hollande

le
0
Les agences de notation surveillent François Hollande
Les agences de notation surveillent François Hollande

PARIS (Reuters) - Standard & Poor's et Fitch Ratings se sont rappelées au bon souvenir de François Hollande lundi en affirmant que l'élection du député de Corrèze à la présidence de la République n'avait pas d'implication sur la note souveraine de la France, à court terme.

François Hollande est depuis dimanche le nouveau chef de l'Etat, élu avec 51,62% des voix face au président sortant Nicolas Sarkozy.

S&P, qui a abaissé d'un cran en janvier la note de crédit française de AAA, la meilleure possible, à AA+ assortie d'une perspective négative, estime qu'il y a au moins une chance sur trois pour que cette note face l'objet d'un nouvel abaissement cette année ou en 2013.

"Nous analyserons les décisions du président français et de son nouveau gouvernement, en tenant compte des résultats des élections législatives de juin", souligne l'agence de notation dans un communiqué.

"L'élection du candidat du Parti socialiste, François Hollande, à la présidence de la République française, n'a pas d'implications pour la note AAA de la France, actuellement sous perspective négative", a de son côté annoncé Fitch.

"Néanmoins, sa victoire électorale marque un changement important à la tête de la France et de l'Europe. Le nouveau président est confronté aux mêmes difficultés que son prédécesseur: le renforcement de la crédibilité budgétaire, l'amélioration du potentiel de croissance à moyen terme de la France et le traitement de la crise de la zone euro", ajoute le texte.

Fitch avait annoncé en début d'année ne pas envisager de modifier la note de la France en 2012 mais rien ne l'empêche de revenir sur cette position.

Personne n'était immédiatement joignable lundi soir chez Moody's pour un commentaire sur la France.

François Hollande a placé en tête de ses priorités européennes la renégociation du traité sur la discipline budgétaire signé en mars par 25 des 27 pays de l'Union européenne afin d'y insérer un volet sur la croissance.

Dans le même temps, le président prévoit un retour à l'équilibre budgétaire en 2017.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel, soucieuse de poursuivre la réduction des déficits, a réitéré lundi son refus de renégocier le pacte budgétaire et affiché sa défiance vis-à-vis d'éventuelles mesures de soutien à la croissance.

Les agences de notation se sont préoccupées à plusieurs reprises du dérapage des finances publiques des pays de la zone euro, tout en soulignant que des mesures budgétaires trop restrictives étaient de nature à affaiblir la croissance, elle-même jugée indispensable à la diminution des déficits et de la dette.

François Hollande a annoncé qu'il se rendrait à Berlin très rapidement après sa prise de fonctions prévue le 15 mai.

Matthias Blamont, édité par Nicolas Delame

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant