Les adversaires de Mohamed Morsi rejettent son offre de dialogue

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L'OFFRE DE DIALOGUE DE MOHAMED MORSI REJETÉE PAR L?OPPOSITION ÉGYPTIENNE
L'OFFRE DE DIALOGUE DE MOHAMED MORSI REJETÉE PAR L?OPPOSITION ÉGYPTIENNE

par Edmund Blair

LE CAIRE (Reuters) - L'opposition égyptienne a rejeté vendredi le dialogue national proposé la veille par le président Mohamed Morsi pour tenter de sortir de la profonde crise politique qui divise le pays et a donné lieu à des affrontements meurtriers ces derniers jours.

Les opposants au chef de l'Etat issu des Frères musulmans ont appelé une nouvelle fois ce vendredi à manifester au Caire où la confrérie organisait parallèlement des funérailles pour six de ses membres tués dans les heurts qui ont éclaté ces derniers jours aux abords du palais présidentiel entre pro et anti-Morsi.

Répondant à l'appel du "Mouvement du 6 avril", qui rassemble de jeunes révolutionnaires à l'origine du soulèvement qui fit chuter Hosni Moubarak en février 2011, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à partir de la place Tahrir vendredi pour infliger un "carton rouge" au chef de l'Etat.

D'autres manifestations ont eu lieu à Alexandrie et dans plusieurs villes du delta du Nil. Les rassemblements se sont globalement déroulés dans le calme à l'exception de Kafr al Cheikh, au nord de la capitale, où des heurts ont éclaté entre partisans et opposants au chef de l'Etat.

Lors de son discours à la nation la veille au soir, Mohamed Morsi a refusé d'abroger le décret controversé du 22 novembre qui lui accorde des pouvoirs étendus et une immunité judiciaire et d'abolir le référendum prévu le 15 décembre sur un projet de constitution jugé trop conservateur par de nombreux Egyptiens.

Après deux jours de violents affrontements qui ont fait sept morts et plusieurs centaines de blessés, il a invité l'opposition à participer à une réunion de dialogue national au palais présidentiel samedi pour évoquer notamment la "feuille de route" à suivre après l'adoption ou non de la nouvelle Constitution.

BOYCOTTER LE DIALOGUE

Cette proposition a d'ores et déjà été rejetée par le Front de salut national (FSN), une coalition de groupes d'opposants, qui réclame l'abrogation du décret et l'annulation du référendum avant le début d'éventuelles négociations avec le gouvernement.

"Nous considérons toujours qu'un référendum à cette date ne permettrait pas aux électeurs d'étudier la Constitution et d'en débattre", a indiqué l'opposant Amr Moussa vendredi matin.

"Le FSN ne participera pas à ce dialogue, c'est la position officielle", a déclaré de son côté Ahmed Saïd, dirigeant du Parti des Egyptiens libres et haut responsable de l'alliance d'opposition.

L'opposant Mohamed ElBaradeï a appelé l'ensemble des forces politiques égyptiennes à boycotter le dialogue proposé par Mohamed Morsi, ajoutant que cette offre ne comportait "aucune base pour un dialogue véritable".

"Nous sommes pour un dialogue qui ne soit pas basé sur des pressions et qui ne nous mette pas devant le fait accompli", a-t-il ajouté.

Le parti libéral Wafd a adopté la même ligne, annonçant qu'il rejetait l'initiative du chef de l'Etat, rapporte l'agence officielle de presse Mena.

Selon la page Facebook du ministère égyptien des Affaires étrangères, le vote sur le projet de Loi fondamentale pour les Égyptiens vivant à l'étranger débutera dès samedi.

Avec Yasmine Saleh et Omar Fahmy, Marine Pennetier pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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