Les activités de marché des banques d'investissement souffrent

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    * La "mauvaise" volatilité pèse sur les revenus du T1 
    * Le début d'année peut représenter plus de 30% des revenus 
annuels 
    * Ces difficultés entraîneront des restructurations, dit 
Morgan Stanley 
 
    par Jamie McGeever et Anjuli Davies 
    LONDRES, 16 mars (Reuters) - Les revenus des activités de 
marché des banques d'investissement ont chuté de 15% sur les 
trois premiers mois de l'année,  traditionnellement les plus 
rémunérateurs du fait des prises de position des investisseurs 
en début d'exercice. 
    Les banques d'investissement subissent les contrecoup des 
fortes turbulences du début 2016, une période marquée par une 
poussée d'aversion au risque et par une chute du prix des actifs 
risqués sous l'effet de celle des cours du pétrole et des 
inquiétudes sur l'ampleur du ralentissement de l'économie 
chinoise. 
    Les activités de marché sur les taux, les changes et les 
matières premières (FICC) se sont retrouvées en premières ligne 
et les revenus qu'elles ont dégagés pour les neuf premières 
banque d'investissement mondiales n'ont été que de 19,2 
milliards de dollars (17,4 milliards d'euros) au premier 
trimestre contre 22,6 milliards un an auparavant, selon des 
données du cabinet de consultants spécialisé Tricumen. 
    Il s'agit du pire premier trimestre depuis que Tricumen a 
commencé à collecter ces données il y a quatre ans et le recul 
dépasse les 30% par rapport aux 30 milliards de dollars 
enregistrés sur les trois premiers mois de 2012.  
    Plusieurs banques ont déjà averti que leurs revenus du 
premier trimestre seraient en forte baisse par rapport à l'année 
dernière. 
     
    L'ANNÉE 2016 EST MAL ENGAGÉE 
    "Le T1 est traditionnellement notre meilleur trimestre et il 
n'a pas été très bon", a dit mercredi le président du directoire 
de Deutsche Bank, John Cryan. 
    "Février a été assez difficile", a-t-il ajouté, soulignant 
que même une embellie en fin de trimestre ne compenserait pas un 
mauvais départ. 
    Le premier trimestre représente souvent jusqu'à plus de 30% 
des revenus annuels d'une banque d'investissement.  
    Le directeur général d'UBS, Sergio Ermotti, a déclaré de son 
côté, que l'environnement demeurait difficile. 
    "Nous sommes confrontés, comme l'ensemble du secteur, à des 
turbulences sans précédent, par exemple du fait des taux 
d'intérêt, qui ont écrasé les marges nettes dans toutes nos 
activités, et du fait des incertitudes politiques et 
macroéconomiques, qui ont contribué à une forte aversion au 
risque parmi nos clients".  
    Morgan Stanley  MS.N  devrait être la banque 
d'investissement la plus affectée par le recul des revenus au 
premier trimestre en raison d'un mix d'activités recouvrant les 
produits de spreads et ceux du trading sur actions, estime 
Tricumen. 
    Les moins pénalisées ont sans doute été Bank of America 
Merrill Lynch, Goldman Sachs et UBS, grâce à leurs performances 
dans le trading de crédit et dans certaines activités de taux et 
actions, selon le cabinet de consultants.  
    Les banques d'investissement, et tout particulièrement les 
européennes, ne parviendront pas à couvrir le coût du capital au 
cours des deux prochaines années, ce qui entraînera de nouvelles 
restructurations et pourrait remettre jusqu'à 5% de parts de 
marché en jeu, un mouvement comparable à celui de 2012, selon 
les analystes de Morgan Stanley, qui s'attendent à une baisse de 
10% des revenus sur l'ensemble de l'année 2016. 
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 

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