Les actions européennes plébiscitées par les gérants

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(lerevenu.com) - L'Europe arrive en tête des recommandations de la plupart des sociétés de gestion d'actifs. Les experts d'Amundi (Crédit Agricole) se disent eux aussi convaincus du potentiel des valeurs européennes.

L'heure de gloire des marchés d'actions européens devrait sonner dans les mois qui viennent. Leur performance honorable depuis janvier dernier n'interdit cependant pas une poursuite de leur orientation haussière : « La valorisation des actions européenne est deux fois inférieure à celle des valeurs américaines, alors que leur niveau de profit n'est qu'à 67% de ce qu'il était en 2007 », estime Pascal Blanqué, directeur du métier institutionnels et distributeurs tiers d'Amundi, la branche de gestion d'actifs du Crédit Agricole.

Eric Turjeman, responsable des expertises actions d'Amundi, constate que les grands marchés d'actions sont au plus haut (indices S&P 500, Dax, FTSE et MSCI). Sauf le CAC 40 qui est, selon le gérant, un indice peu fiable car « remanié en permanence ». La moindre performance de l'indice phare de la place tient aussi à l'internationalisation limitée de certaines sociétés françaises, alors que « l'économie n'est pas au niveau de celle des Etats-Unis ou de l'Allemagne ». Les PME ont certes besoin de la croissance en France, mais pour les grands groupes européens, c'est la conjoncture mondiale qui compte », plaide Eric Turjeman.

Les experts d'Amundi ont en tout cas la conviction que la politique monétaire américaine restera accommodante, ce qui sera un facteur de soutien pour les actions. En effet, analyse Pascal Blanqué qui aime les formules chocs : « La création monétaire est à l'ouest et l'épargne, à l'est, c'est-à-dire dans les pays émergents ». Le monde connaît, selon lui, une profonde « rupture de régime » qui brouille peut-être la visibilité des marchés financiers. Mais, les banques centrales, Réserve fédérale en tête, ont adopté des politiques non conventionnelles, en arrosant banques et marchés de liquidités : « Les marchés évoluent sous stéroïdes, ce qui permet des phases de reprises cycliques, mais l'on voit aussi que les forces déflationnistes sont encore à l'?uvre ».

En tout état de cause, ce mélange détonnant restera favorable aux actifs à risques que sont les actions, selon Pascal Blanqué, qui n'écarte pas, comme vient d'en avertir le Fonds Monétaire International, des risques de grande volatilité des marchés financiers. Les erreurs de politique monétaire sont toujours possibles : « Nous postulons qu'il n'y en aura pas ». Les marchés craignent en effet le retour à la normale, c'est-à-dire à un niveau de taux d'intérêt plus élevé que le présent étiage : « Attention à ceux qui croient à un retour à la normale, ils se trompent, car les politiques monétaires non orthodoxes vont durer », pense l'expert.

Alain Pitous, directeur des gestions diversifiées d'Amundi, n'écarte pas les facteurs de risques qui surplombent les marchés, qu'il s'agisse des débats autour de la dette publique américaine, de la récession en Italie, plus sévère qu'en Espagne, et la « poursuite des tensions financières dans les pays émergents ». En résumé, pensent les gérants d'Amundi, la bonne tenue de la croissance mondiale devrait permettre aux bénéfices par action de prendre le relais de la hausse des valorisations, sans compter que les opérations de fusions et acquisitions animeront la cote.

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