Les actionnaires de Belvédère votent le plan sur la dette

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par Matthieu Protard et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - A l'issue d'une assemblée générale extraordinaire de plus de cinq heures et perturbée par des actionnaires réclamant la démission du conseil d'administration, les actionnaires de Belvédère ont finalement approuvé jeudi à plus de 70% le plan de restructuration de dette de la société.

Dans une ambiance très tendue, l'administrateur judiciaire Frédéric Abitbol et les dirigeants de Belvédère se sont efforcés de convaincre les actionnaires de voter en faveur du plan censé éviter à l'entreprise la liquidation judiciaire.

Ce plan, qui prévoit de convertir la dette en actions Belvédère, doit encore être validé par le tribunal de commerce de Dijon lors d'une audience prévue le 11 mars prochain.

Face à la fronde de certains actionnaires, dont Nicolas Miguet, les dirigeants ont aussi fini par accepter pendant l'assemblée générale de soumettre au vote la révocation des administrateurs actuels de la société. Ces résolutions ont quant à elles été rejetées par les actionnaires.

Très remontés contre la direction de Belvédère et scandant "révocation", une trentaine d'actionnaires de la société se sont un moment rassemblés debout devant l'estrade où se tenait notamment le PDG Krzysztof Trylinski, obligeant le service d'ordre à se déployer.

Après une suspension d'une vingtaine de minutes vers 17h00, l'assemblée générale a ensuite repris dans un climat apaisé.

Placée en redressement judiciaire en mars 2012, Belvédère, propriétaire de la liqueur Marie Brizard, de la vodka Sobieski et du whisky William Peel, cherche à effacer avec ses créanciers une dette de 672 millions d'euros, dont l'essentiel a été contracté en 2006 pour financer le rachat de Marie Brizard.

UN HEDGE FUND, FUTUR PRINCIPAL ACTIONNAIRE

Une première assemblée générale convoquée le 12 février n'avait pas pu procéder au vote faute de quorum.

Pour cette nouvelle assemblée générale, le quorum a été atteint.

Lors de l'AG, l'administrateur judiciaire Frédéric Abitbol a redit que l'entreprise n'avait pas d'autre option que de convertir toute sa dette en actions Belvédère, faute d'avoir reçu des offres de rachat intéressantes pour certains de ses actifs.

Si le scénario se confirme, les actionnaires actuels de la société ne conserveront dès lors que 13% du capital de Belvédère. Les créanciers de la dette à taux variable (FRN), principalement des hedge funds, contrôleront quant à eux 79% du capital.

Les détenteurs d'Obsar (obligations à bon de souscription d'action remboursable) détiendront les 8% restants.

Le fonds Oaktree deviendrait dès lors le premier actionnaire de Belvédère avec 38% du capital, avec des droits de vote toutefois limités à 19,9%.

Matthieu Protard et Alice Cannet, édité par Véronique Tison

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