Les acteurs locaux posent des exigences pour l'aéroport de Nice

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LES ACTEURS LOCAUX POSENT LEURS EXIGENCES EN VUE DE LA PRIVATISATION DE L'AÉROPORT DE NICE
LES ACTEURS LOCAUX POSENT LEURS EXIGENCES EN VUE DE LA PRIVATISATION DE L'AÉROPORT DE NICE

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les acteurs locaux de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, actionnaires à 40% de l'aéroport de Nice, veulent que ses futurs repreneurs s'engagent à rester entre six et dix ans au capital du premier aéroport régional français.

Alors que le gouvernement peaufine le cahier des charges en vue de la privatisation de l'aéroport, ils souhaitent aussi que les décisions stratégiques concernant l'avenir de Nice-Côte d'Azur soient prises à une majorité qualifiée, a déclaré mardi lors d'une interview à Reuters Bernard Kleynhoff, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nice.

Comme le prévoit la loi Macron pour la croissance et l'activité promulguée début août, le gouvernement a décidé de mettre en vente ses participations de 60% au capital des aéroports de Lyon et de Nice, détenus à 25% par les CCI locales.

Ces deux privatisations interviennent après la cession, en fin d'année dernière et pour 308 millions d'euros, de 49,9% du capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac au consortium chinois Symbiose, dont la candidature avait provoqué une vive polémique parmi les élus locaux.

Le gouvernement en a tiré les leçons et a pris soin d'associer les acteurs locaux plus en amont pour les opérations à Nice et Lyon.

"Nous avons demandé que les décisions stratégiques qui concernent l'avenir de cet aéroport (Nice, NDLR) soient prises au travers d'une majorité qualifiée", déclare Bernard Kleynhoff.

Cette majorité, qui permettra aux actionnaires locaux d'être associés aux grandes décisions, peut prendre selon lui plusieurs formes: majorité des 2/3 classique, majorité des 2/3 avec droits de vote doubles pour les actionnaires historiques ou encore majorité de 75%.

Bernard Kleynhoff explique en outre que les acteurs locaux ont demandé que les repreneurs s'engagent à rester au moins 10 ans au capital de l'aéroport de Nice, alors que le ministère de l'Economie souhaite une période plus restreinte de six à sept ans.

Les tractations en cours avec Bercy devraient du coup, selon la CCI de Nice, aboutir à une période de maintien au capital comprise entre six et 10 ans.

RÉINVESTIR LOCALEMENT

Autre point de négociation avec le gouvernement: l'affectation du produit de la vente de la participation de 60% de l'Etat.

"Nous souhaitons que 20% du produit de la vente soient réinvestis sur notre territoire (département des Alpes-Maritimes, NDLR) pour y faire du développement économique", déclare Bernard Kleynhoff.

"Nous avons écrit collectivement à monsieur Valls pour demander à monsieur Macron qu'on en parle", ajoute-t-il, évoquant des réticences de Bercy à prendre un tel engagement.

Pour l'heure, le gouvernement a déjà choisi les banques qui le conseilleront. Selon des sources proches du dossier, l'italienne Mediobanca a été retenue pour la privatisation de Nice-Côte d'Azur et la britannique HSBC pour Lyon-Saint-Exupéry, ce qu'a confirmé Bernard Kleynhoff.

Au vu de l'avancée des discussions sur le cahier des charges, le président de la CCI de Nice s'attend à ce que l'appel d'offres pour la privatisation de l'aéroport soit lancé à la mi-novembre, pour une finalisation à la fin du premier semestre 2016.

Il ne s'attend pas en revanche à ce que la mise en vente cet été du London City Airport incite le gouvernement à retarder celle de l'aéroport de Nice.

"Les deux aéroports ne sont pas comparables (...) Bien entendu, les investisseurs peuvent être les mêmes mais les montants ne sont pas pour eux insurmontables."

Bernard Kleynhoff écarte de surcroît l'idée que la CCI abaisse sa participation dans l'aéroport de Nice à 20% contre 25% actuellement, un scénario évoqué par le magazine Challenges.

"Ce n'est pas envisagé", dit-il. "Dans les hypothèses de réflexion qui sont les nôtres, en fonction éventuellement de la majorité qualifiée, (...) les collectivités locales pourraient vendre quelques pourcents de leurs titres à condition qu'il y ait en face des projets d'investissements."

Outre l'Etat et la CCI de Nice, l'aéroport de Nice est détenu par le conseil régional de la région PACA (5%), le conseil général des Alpes-Maritimes (5%) et la métropole Nice-Côte d'Azur (5%).

(Edité par Dominique Rodriguez)

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  • c.voyant le mardi 20 oct 2015 à 19:22

    Comme en Grèce l'état Français sur endetté vend ses bijoux de famille, c'est la déchéance complète! Honte à ceux qui gèrent la France depuis des décennies !Demain se sera peut-être la Tour Eiffel ?