Les achats de Noël de dernière minute ont sauvé la saison

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Malgré des pics de fréquentation en magasin lundi et mardi, les ventes de la plupart des enseignes se sont, au mieux, stabilisées par rapport à Noël 2012.

Inquiets début décembre, les commerçants de l'Hexagone ont fini par pousser un ouf de soulagement et passé un réveillon de Noël serein. «Du 21 décembre au 24 décembre 2013, le chiffre d'affaires est en bonne progression par rapport à 2012. Nos clients français ont été aussi nombreux que l'an dernier, avec un pic de fréquentation les 23 et 24 décembre», indique une porte-parole du grand magasin Galeries Lafayette Paris Haussmann.

Le moment clé des achats a reculé, confirme la Fnac, qui a enregistré «un pic d'activité dans la semaine du 16 décembre», plus tard qu'en 2012. Le gros des achats avait alors eu lieu dans la deuxième semaine de décembre. Même constat dans les grandes enseignes alimentaires. «Les responsables de magasins étaient circonspects le 22, car les clients n'étaient pas venus en masse le week-end précédent, observe Thierry Desouches, porte-parole de système U. Mais les achats ont finalement eu lieu lundi et mardi matin.»

Il est toutefois trop tôt pour confirmer cette première impression positive par de complets bilans chiffrés. De plus, les petits commerçants sont plus mitigés. À la fin d'une «mauvaise année 2013, nous n'avons pas constaté de rattrapage des ventes dans les jours qui ont précédé Noël», déplore Bernard Morvan, président de la Fédération nationale de l'habillement qui regroupe 40.000 boutiques indépendantes de prêt-à-porter.

Seule certitude: les habitudes de consommation ont changé. Avec le retour de la cuisine fait maison et le besoin d'économiser, les produits bruts, «les viandes à rôtir ou farcir, telles que les dindes et les chapons» ont eu un grand succès, souligne Thierry Desouches. Ce n'est pas le cas des huîtres. Elles deviennent quasiment un produit de luxe, en raison des problèmes de production, qui font bondir leurs prix.

Même tendance dans la beauté. Chez Nocibé, les ventes ont légèrement reculé par rapport à 2012. Mais Isabelle Parize, PDG de la chaîne de cosmétiques et de parfums, ne s'en affecte pas. «Avec notre marque propre, nous souhaitions avant tout faire entrer de nouvelles clientes plus jeunes dans nos boutiques, quitte à vendre des produits plus accessibles», explique la dirigeante, en soulignant que les boutiques de la chaîne ont vendu 155.000 palettes de maquillage à 19,90 euros en décembre.

Ventes de jouets stables à la Grande Récré

Partout, la vente sur Internet bondit. Elle a progressé de 45 % entre le 1er et le 24 décembre chez Nocibé. À la Fnac, le «click & collect» s'est imposé à Noël, explique une porte-parole. Près de 30 % des ventes sur Internet, contre 20 % l'an dernier, se sont faites en deux temps: la commande en ligne, puis le retrait en magasin.

Côté cadeaux, le high-tech a la cote. La Fnac a vu partir beaucoup de tablettes pour adultes et enfants, et bon nombre d'objets connectés. C'est le cas des bracelets reliés au smartphone qui surveillent le nombre de calories consommées ou la qualité du sommeil. C'est celui aussi du «Flower power», un capteur sans fil qui renseigne sur la soif ou le besoin d'éclairage des plantes d'intérieur.

À la Grande Récré, qui s'attend à des ventes de Noël «étales» après un recul de 2 % en 2012, le top des ventes est la peluche interactive et connectée à une tablette ou un smartphone Furby, explique Franck Mathais, directeur des ventes de la chaîne de magasins de jouets.

Mais les classiques perdurent. Dans les jouets, Lego a fait un carton cette année avec son «Temple de la tribu lion» pour les petits garçons et sa gamme «Friends» pour les petites filles. Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître, qui a décroché le Goncourt, est un best-of à la Fnac.

Pour beaucoup de commerces, la dernière semaine de l'année reste un moment clé pour les achats. Les Français se retrouvant entre amis plutôt qu'en famille, ils sont moins enclins à cuisiner, ce qui profitera sans doute aux rayons plats préparés. Dans la beauté, comme toujours, les produits de maquillage l'emporteront sur les parfums dans les derniers jours de l'année. Enfin, les jouets devraient représenter plus de 3 % des ventes de l'année, grâce notamment aux étrennes des enfants.

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