Les abus et arnaques de la réparation automobile épinglés

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Le taux d'infraction dans ce secteur frôle les 39%, d'après une enquête administrative. Les concessionnaires de marque respectent mieux la réglementation que les petits garages indépendants.

En pleine affaire des moteurs truqués de Volkswagen, les pratiques commerciales des réparateurs automobiles sont à nouveau pointées du doigt en France. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) publie ce vendredi les résultats d'une enquête sur le respect des règles de protection du consommateur dans le secteur de la réparation et de l'entretien automobile. Verdict: le taux d'infraction reste «élevé» - à 38,85% pour 803 établissements visités - ce qui «justifie une surveillance régulière du secteur par les agents de la DGCCRF».

L'entretien représente 27% du budget auto des Français, selon les dernières données de l'Insee. Faire réparer sa voiture coûte de plus en plus cher. Depuis 2007, la part du budget automobile dévolue à cette tâche a progressé de 3% par an. Les automobilistes ont déboursé 33 milliards d'euros dans les garages en 2013. Au total, cette année-là, ils ont consacré 124 milliards d'euros ou 4300 euros par ménage à leur voiture.

«Le coût des prestations pouvant atteindre des niveaux élevés compte tenu de la complexité et de la technicité des interventions, la qualité de l'information préalable est donc déterminante pour le consommateur», souligne en préambule l'administration. Or, selon les enquêteurs, le compte n'y est pas du tout. Ces derniers ont constaté que les clients n'ont aucune idée de la facture qu'ils vont devoir payer. L'affichage tarifaire serait en effet «obsolète, incomplet voire inexistant» dans les établissements. Par exemple, les prix «sont affichés HT et non TTC, le taux de TVA n'est pas actualisé». Certaines informations manquent souvent, comme le mode de calcul utilisé par le réparateur, le détail des types de réparations ou le taux de main d'oeuvre. Enfin, les prix de certains accessoires et les conditions de vente encadrant les prestations sont tout simplement absents.

Les concessionnaires plus «réglos» que les petits garages

Et le consommateur n'est pas plus éclairé une fois la note en main. «Les manquements les plus souvent relevés concernent le décompte imprécis des opérations effectuées, la dénomination des pièces insuffisamment précise, l'absence d'indication du kilométrage et du taux horaire», relève la DGCCRF. Au total, les enquêteurs ont détecté «une cinquantaine de pratiques commerciales trompeuses» qui ont donné lieu à 50 avertissements, 3 injonctions et 8 procès-verbaux (amendes pénales). Parmi ces abus, la facturation systématique d'un essai routier, y compris lors de travaux ne le nécessitant pas, comme une vidange par exemple. Ou encore une tromperie sur la prestation de services, avec des travaux facturés mais non réalisés.

«D'un point de vue général, les concessionnaires de marque et les centres automobiles semblent être mieux formés au respect de la réglementation du secteur que les petits garages indépendants», conclut l'administration. Dans une récente note, elle conseillait d'ailleurs au consommateur, avant toute réparation, de «contacter plusieurs garagistes afin de comparer les prix, ceux-ci étant libres».

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