Les abattoirs normands AIM placés en redressement judiciaire

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RENNES, 6 janvier (Reuters) - Le tribunal de commerce de Coutances (Manche) a placé mardi les abattoirs industriels de la Manche (AIM), qui emploient environ 600 salariés, en redressement judiciaire pour une période de six mois, a t-on appris auprès des syndicats. Le groupe, qui exploite principalement un abattoir de porcs à Sainte-Cécile, dans la Manche, et un abattoir de bovins à Antrain (Ille-et-Vilaine), connaît d'importants problèmes de trésorerie. Un prochain rendez-vous devant le tribunal de commerce a té fixé au 24 février, a-t-on précisé de même source. Fin décembre, les abattoirs AIM, dont le chiffre d'affaires a atteint 246,7 millions d'euros en 2013, n'ont pu payer l'intégralité des salaires du personnel. Leur placement en redressement judiciaire devrait permettre de le faire avec l'intervention d'un fonds spécifique de garantie des salaires (AGS) qui agit en cas de défaillance des entreprises. Les difficultés d'AIM seraient dues principalement à "la guerre des prix" menée dans la grande distribution, à la concurrence des produits allemands et espagnols à bas coûts et à l'embargo sur la Russie, explique la direction. "Le placement en redressement judiciaire va autoriser la recherche de toutes les solutions. Il y a déjà des contacts avancés avec des partenaires potentiels qui pourraient aboutir dans les premiers mois de l'année", a déclaré à Reuters un porte-parole de l'entreprise. Les représentants syndicaux dénoncent de leur côté des erreurs dans la gestion du groupe, détenu à 64% par Cap 50, une coopérative d'éleveurs. Ils redoutent un démantèlement et des suppressions d'emplois à l'image de ce qui s'est passé pour les abattoirs bretons Gad, don't les effectifs ont fondu en un an de 1.700 salariés à 530 salariés après la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau (Finistère) et la reprise du site de Josselin (Morbihan) par une filiale d'Intermarché. "Pour l'instant, nous n'avons aucune information sur d'éventuels repreneurs. Mais on ne connaît pas de dépôt de bilan qui ne soit pas suivi d'un plan social, si ce n'est pas une liquidation judiciaire", s'inquiète Jean-François Monnereau, délégué CFDT sur le site d'Antrain. Environ 500 personnes, selon les syndicats, ont manifesté mardi matin devant le tribunal de Coutances pour réclamer le maintien de l'emploi sur les deux sites d'Antrain et Sainte-Cécile. Celui-ci, dernier abattoir de porcs en activité en Normandie, avait vu ses bâtiments rachetés il y a environ deux ans par une société d'économie mixte pour renflouer les caisses de l'entreprise. (Pierre-Henri Allain, édité par Yann Le Guernigou)

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