Les "28" promettent de faire mieux dans l'échange de renseignements

le
0
    BRUXELLES, 24 mars (Reuters) - Les ministres européens de 
l'Intérieur et de la Justice, réunis jeudi à Bruxelles pour un 
conseil extraordinaire à deux pas du lieu où l'un des attentats 
suicide a été commis l'avant veille, ont à nouveau plaidé pour 
la conclusion rapide d'un accord sur l'échange de renseignements 
stratégiques.  
    Quatre mois après les attentats de Paris, la mort, mardi, de 
31 personnes à l'aéroport Zaventem et à la station de métro 
Maelbeek, voisine du siège des institutions européennes, 
témoigne de l'inefficacité de la coopération en matière de 
sécurité.  
    Malgré leurs promesses, de nombreux Etats membres, dont des 
piliers tels que la France et l'Allemagne, rechignent encore à 
partager leurs renseignements les plus sensibles, dit-on à 
Bruxelles.  
    "Il y a parfois un manque de volonté politique, un manque de 
coopération et, plus grave, dans certains cas, un manque de 
confiance", a déploré Dimitris Avramopoulos, commissaire 
européen aux Affaires intérieures.  
    Koen Geens, ministre belge de la Justice qui est également 
passé par les Finances, a tracé un parallèle avec la crise 
financière européenne, qui a contraint les Etats membres à 
coopérer plus étroitement.  
    "En ce qui concerne l'échange d'informations et les enquêtes 
conjointes, nous progressons très vite vers une lutte coordonnée 
contre le terrorisme", s'est-il félicité, ajoutant que plusieurs 
de ses homologues avaient promis jeudi de lui fournir des 
éléments.  
    La Commission européenne s'efforce depuis près de cinq ans 
d'obtenir un accord sur l'échange de données concernant les 
passagers des compagnies aériennes (Passenger Name Record, PNR), 
mais le projet, qui suscite des inquiétudes quant à la 
protection des données personnelles, est toujours en discussion 
au Parlement européen.  
    Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont par 
ailleurs réclamé une mise en oeuvre plus stricte des accords en 
vigueur, notamment en ce qui concerne les contrôles aux 
frontières, le fichage des faux passeports et le commerce de 
substances chimiques utilisables pour la fabrication de bombes.  
    "Le terrorisme est rapide, mais l'Europe est souvent lente", 
a regretté le ministre italien de l'Intérieur Angelino Alfano.  
     
 
 (Barbara Lewis et Julia Fioretti, Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant