Les 27 au chevet d'une Union européenne dans un état "critique"

le
0
    * Un sommet sans la GB pour une "impulsion nouvelle" dit 
Hollande 
    * L'Union dans une situation "critique", prévient Merkel 
    * Des projets concrets pour relancer le projet européen 
 
    par Elizabeth Pineau 
    BRATISLAVA, 16 septembre (Reuters) - Réunis sans leur 
homologue britannique à Bratislava, les 27 autres dirigeants de 
l'Union européenne tentent vendredi de donner une "impulsion 
nouvelle" à une Union européenne dans un état jugé "critique" 
depuis le départ annoncé du Royaume-Uni.  
    Divisés sur l'économie et l'immigration, les chefs d'Etat et 
de gouvernement entendent dynamiser le projet commun en avançant 
sur des thèmes tels que la mise en place d'une défense commune 
et la formation des jeunes.   
    "Il ne s'agit pas d'attendre simplement d'un unique sommet 
une solution aux problèmes de l'Europe - nous sommes dans une 
situation critique - mais plutôt de montrer par des actions que 
nous pouvons aller mieux", a souligné à son arrivée la 
chancelière allemande, Angela Merkel.  
    François Hollande lui a fait écho, plaidant pour une 
indispensable "nouvelle impulsion".  
    "Soit c'est la dislocation, soit c'est la dilution, soit 
c'est au contraire la volonté commune de donner un projet à 
l'Europe. C'est ce que j'appelle la nouvelle impulsion", a 
résumé le président français.  
    Malgré leurs divergences, tous les dirigeants semblent 
d'accord avec l'idée de procéder à un diagnostic précis de la 
situation, pour mieux aller de l'avant ensuite. 
    Pour le président de la Commission européenne Jean-Claude 
Juncker, la "crise existentielle" actuelle appelle l'unité.  
    "Il s'agit aujourd'hui de niveler nos divergences", a-t-il 
dit. "Nous avons besoin d'unité pour permettre à l'Europe de 
fonctionner".  
     
    DÉFENSE EUROPÉENNE 
    Jeudi soir à Bratislava, le président du Conseil européen, 
Donald Tusk, a plaidé pour "une évaluation sobre et franchement 
honnête de la situation". 
    Dans ce contexte morose, le Premier ministre luxembourgeois, 
Xavier Bettel, veut voir le verre à moitié plein.  
    "Si nous vivons une crise existentielle (c'est que) nous 
oublions que 90% de l'Europe fonctionne. Pour les 10% restants 
(...) nous devons être en mesure de trouver des solutions. Mais 
ne chargeons pas l'Europe pour tout".   
    Au terme d'une journée de travail dans la capitale slovaque, 
le sommet devrait déboucher sur un agenda appelé à être déroulé 
d'ici le 60e anniversaire du traité de Rome, en mars 2017.  
    Dans cette perspective, Jean-Claude Juncker a annoncé cette 
semaine le doublement de son plan d'investissement de 315 
milliards d'euros qu'il avait lancé en 2014 pour relancer la 
croissance en Europe.   
    Il a également proposé de permettre aux consommateurs de 
téléphoner partout dans l'Union sans surcharge tarifaire, 
d'installer des accès à internet sans fil gratuits dans la 
plupart des villes et villages du continent, et de déployer la 
5G.     
    A ces initiatives concrètes doit s'ajouter une réflexion sur 
des sujets longtemps reportés tels que l'ébauche d'une défense 
européenne, à l'heure où la menace terroriste et la crise des 
réfugiés rend impérative la surveillance des frontières de l'UE. 
    François Hollande a insisté sur ce "défi" à relever. 
    "La France fait l'effort principal pour la défense 
européenne mais elle ne peut pas être seule, elle ne veut pas 
être seule", a-t-il dit. "Que chacun sache bien si les 
Etats-Unis font un choix de s'éloigner, l'Europe doit être 
capable de se défendre par elle-même".  
 
 (Avec Tatiana Jancarikova, Jason Hovet, Alastair Macdonald, 
Noah Barkin, Andreas Rinke, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant