Les 10-25 ans plus exposés à la délinquance et aux violences

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Les 10-24 ans représentent 36% des auteurs présumés d'infractions (alors qu'ils ne représentent que 21% de la population de 10 ans ou plus) ( AFP/Archives / ALAIN JOCARD )
Les 10-24 ans représentent 36% des auteurs présumés d'infractions (alors qu'ils ne représentent que 21% de la population de 10 ans ou plus) ( AFP/Archives / ALAIN JOCARD )

"Et la victime et le bourreau": les jeunes constituent la catégorie d'âge où la délinquance est la plus fréquente et ils sont plus exposés aux violences que les adultes et les enfants, selon une étude de l'Insee publiée mardi.

En 2015, 425.000 jeunes âgés de 10 à 25 ans ont été enregistrés par la police ou la gendarmerie comme victimes de violences physiques, de violences sexuelles ou de vols commis avec ou sans violence. Soit 3,3% de cette classe d'âge qui compte 12,9 millions de personnes, selon l'édition 2016 de "France, portrait social".

Les victimes de violences chez les jeunes
Les victimes de violences chez les jeunes ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ, Sophie RAMIS )

Les vols sans violence représentent 64% des violences recensées, viennent ensuite les violences physiques (21%), les vols avec violence (11%) et les violences sexuelles (4%).

Des chiffres qui font de la jeunesse la période de la vie où le risque d'être victime d'une infraction pénale (violences physiques, sexuelles, vols, etc.) est le plus élevé, sauf pour les vols sans violence qui touchent davantage les plus de 25 ans.

L'un des enseignements de l'étude est que les filles sont très nettement surreprésentées parmi les victimes de violences sexuelles, constituant 88% d'entre elles.

- Les garçons en tête des condamnations -

Les jeunes ne font pas que subir des violences, ils en commettent aussi. Les 10-24 ans représentent ainsi 36% des auteurs présumés d'infractions (alors qu'ils ne représentent que 21% de la population de 10 ans ou plus).

S'appuyant sur le casier judiciaire national pour les condamnations ainsi que sur le "Système d'information décisionnel pénal" (qui permet de suivre le parcours judiciaire des individus dans une affaire, quelle qu'en soit l'issue), l'étude révèle qu'à chaque infraction correspond un âge où le nombre d'auteurs présumés culmine.

Les atteintes sexuelles (viols, agressions sexuelles et atteintes aux mœurs comme exhibition, racolage, harcèlement, etc.) sont plus nombreuses à 14 ans, les vols et violences à 16 ans, les affaires de stupéfiants à 18 ans et les infractions routières à 22 ans.

En tête: les vols et recels et les affaires de stupéfiants. C'est dans les affaires de drogue qu'on trouve le plus de jeunes (64%) par rapport à l'ensemble de la population.

Les auteurs d'actes de délinquance sont bien plus souvent des hommes jeunes que des jeunes filles
Les auteurs d'actes de délinquance sont bien plus souvent des hommes jeunes que des jeunes filles ( AFP/Archives / FRANCOIS GUILLOT )

De 18 à 20 ans, un jeune sur douze était impliqué dans une affaire pénale en 2014 en tant qu'auteur présumé.

Question délinquance, les deux sexes ne sont pas égaux: chez les hommes, il s'agit d'un "phénomène de masse" entre 16 et 24 ans, avec plus de 10% de cette classe d'âge et un pic de 14,7% à 19 ans, quand la proportion de femmes concernées atteint 1,9% à 15 ans et se maintient à ce niveau jusqu'à 24 ans.

Avec l'âge, les infractions se diversifient et les délits routiers prennent une place croissante, les infractions à la circulation routière concernant 26% des auteurs présumés de 24 ans.

Et pour punir ces délits, on remarque une évidente rupture à 18 ans en raison du basculement dans le droit des majeurs: les mesures éducatives souvent privilégiées pour les mineurs laissent place à une plus grande part d'amendes chez les majeurs, ou de la prison.

Enfin, on retrouve un même contraste: avant 25 ans, près d'un homme sur cinq (21%) a été condamné, contre 3% pour les femmes.

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