Leo Apotheker, ex-patron de SAP, arrive chez HP

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Sa nomination à la tête du géant informatique américain a surpris les investisseurs. Certains analystes estiment que l'homme n'est pas forcément le meilleur choix.

Né en Allemagne, diplômé de l'Hebrew University de Jérusalem, Chevalier de la Légion d'Honneur française et maintenant...nouveau PDG du groupe informatique américain Hewlett-Packard. Leo Apotheker n'est pas là par hasard. Homme de réseaux, parlant cinq langues, il siège au conseil d'administration de Schneider Electric et de l'ONG PlaNet Finance.

Mais ce sont surtout ses vingt ans d'expérience chez le fabricant allemand de logiciels SAP qui lui ont valu de traverser l'Atlantique et de prendre la tête de Hewlett-Packard (HP). «Leo est un penseur stratégique avec une passion pour la technologie, une vaste expérience internationale, et une discipline opérationnelle prouvée, exactement ce que nous recherchons chez un directeur général», a commenté Robert Ryan, principal administrateur indépendant du conseil d'administration du groupe américain dans un communiqué. Leo Apotheker a «anticipé la transformation de notre secteur et bénéficie d'une position unique pour nous aider à accélérer la mise en oeuvre de la stratégie d'HP», a-t-il ajouté.

Une nomination surprise

Après la démission, il y a deux mois, de Mark Hurd accusé de harcèlement, HP n'a pas mis longtemps à trouver son nouveau PDG. Mais l'annonce de l'arrivée de Leo Apotheker, qui s'est imposé face aux candidats en interne, a surpris investisseurs et analystes.

Ceux-ci s'interrogent sur sa capacité à gérer le géant américain, alors même que ses performances au poste de PDG de SAP, qu'il a occupé d'avril 2008 à février 2010, n'ont pas été probantes.

En 2009, le chiffre d'affaires de SAP baissait de 9% à 3,2 milliards de dollars, tandis que son principal concurrent, Oracle, annoncait une progression de ses parts de marchés. En janvier 2009,sous la direction de Leo Apotheker, l'éditeur allemand de logiciel a aussi licencié 3000 personnes (6% des effectifs). Mais pour l'analyste Peter Golmacher de Cowen and Co, les responsabilités sont partagées. «Il a une mauvaise réputation parce qu'on lui a donné le gouvernail du Titanic cinq minutes après qu'il ait frappé l'iceberg», ironise-t-il. Mais son départ en février 2010 ne sanctionne pas uniquement ses performances. Sa communication au sein du groupe a joué pour une large part dans son éviction.

Hormis sa gestion, c'est aussi l'expérience de l'homme de 57 ans qui est mise en cause. «SAP est une entreprise très différente d'HP, et c'est ce qui me préoccupe, explique Kim Caughey, analyste chez Fort Pitt Capital. Que connaît-il des ordinateurs? Voilà la vraie question».

La Bourse, elle, a déjà répondu. Le titre a chuté de plus de 3% avant de terminer la scéance en baisse de 1,08% alors que le Dow Jones clôturait en repli de 0,44%.

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