Legrand relève son objectif de marge grâce aux émergents

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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Legrand a légèrement relevé jeudi son objectif annuel de marge après être parvenu à stabiliser son chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de l'année, les marchés émergents du groupe et ses acquisitions compensant un environnement économique toujours incertain en Europe de l'Ouest.

Le spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment vise désormais pour 2013 une marge opérationnelle ajustée avant acquisitions comprise entre 19,5% et 20%, contre un objectif précédent de 19% à 20%.

Sur neuf mois, cette marge est ressortie à 20,5%, contre 20,3% au premier semestre et sur neuf mois en 2012.

"Cette solide performance démontre à la fois notre capacité à investir et à renforcer nos ressources pour nous développer dans les marchés en croissance (...) mais également notre capacité à nous adapter dans les pays touchés par des conditions économiques défavorables", a déclaré Antoine Burel, directeur financier de Legrand, au cours d'une téléconférence de presse.

Interrogé sur cette adaptation en Europe occidentale, il a répondu qu'il s'agissait surtout de mesures au fil de l'eau visant à réduire les dépenses et à gagner en productivité. Antoine Burel a également évoqué un recours au chômage partiel en Italie.

Le poids des nouvelles économies, des Etats-Unis et du Canada s'est encore renforcé dans le chiffre d'affaires total du groupe pour atteindre désormais 57% - contre 55% au premier semestre - au détriment d'autres économies matures comme l'Italie et la France.

Au total, le chiffre d'affaires a reculé de 0,5% à 3,3 milliards d'euros sur neuf mois. En données organiques - hors effets de change et de périmètre - il ressort stable, l'impact positif des acquisitions et l'effet négatif des devises s'annulant quasiment.

Malgré le manque persistant de visibilité sur l'activité future, Legrand a resserré son objectif d'évolution organique des ventes à -1%/+1%, contre un objectif initial de -2% à +2%.

Au premier semestre, le chiffre d'affaires organique avait reculé de 0,2%.

Le groupe, qui a réalisé 35 acquisitions depuis 2004 et quatre depuis le début de l'année avec le rachat de la société britannique de systèmes Tynetec annoncé jeudi, entend poursuivre sa croissance externe en 2014.

"La réponse est oui", a déclaré Antoine Burel. "En termes de montant (...) on va dépenser un peu moins cette année car les sociétés sont plus petites ; tant mieux finalement, ça nous donne plus de munitions pour l'avenir."

Legrand, qui dispose d'une enveloppe annuelle de 400 millions d'euros pour financer ses acquisitions, a clôturé mercredi à la Bourse de Paris à 42,12 euros, donnant une capitalisation boursière de l'ordre de 11 milliards d'euros.

Depuis le début de l'année, le titre a pris environ 31%, après un gain de plus de 28% en 2012.

Edité par Dominique Rodriguez

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