Legg Mason : " Nous souhaitons nous renforcer sur les actions et la gestion alternative"

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(NEWSManagers.com) - Mark Fetting, chairman et CEO de Legg Mason


Chairman et CEO de Legg Mason depuis trois ans, Mark Fetting présente à NewsManagers ses priorités stratégiques et son positionnement en Europe, en France notamment, où le groupe est en train de renforcer ses effectifs et souhaite figurer parmi les principaux acteurs sur les actions américaines.

NewsManagers: Vous avez pris les rênes de Legg Mason début 2008 quelques mois seulement avant l' éclatement de la crise financière. La société a été particulièrement affectée, en raison notamment de votre expositions aux fonds monétaires. Avez-vous retrouvé votre équilibre financier?

Mark Fetting: Je viens en effet de terminer ma troisième année à la tête de Legg Mason et il est vrai que nous avons traversé une période très difficile, où nous étions confrontés aux problèmes des fonds monétaires mais aussi à la sous-performance de certaines gestions. Mais je peux vous dire aujourd'hui que je suis plutôt fier du travail accompli. Par rapport au plus fort de la crise, nous avons réussi un redressement remarquable. Nous avons initié un programme de réduction des coûts et nous sommes bénéficiaires pour la deuxième année consécutive. Nous avons retrouvé notre profitabilité, avec un ratio dette/fonds propres de 20%. Je peux dire que nous avons tourné la page de la crise financière. Et nous occupons des positions de premier plan dans de nombreux domaines. Nous sommes numéro huit mondial en gestion institutionnelle, numéro cinq mondial parmi les gérants de fixed income et numéro six dans le secteur des fonds de hedge funds.

NM: Où en sont vos encours?

MF: Nous avions approché la barre des 1.000 milliards de dollars avant la crise. Nous sommes tombés autour de 600 milliards de dollars mais là aussi nous avons redressé la barre et nous approchons actuellement les 700 milliards de dollars.

NM: La crise ne vous a-t-elle pas incité à revoir votre modèle multi-boutique?

MF: Non. Bien au contraire. Nous avons bien entendu apporté les modifications nécessaires en termes de gestion des risques mais nous restons très attachés à notre modèle de développement, fondé sur la sélection des meilleurs gérants dans les différentes classes d' actifs. Nous avons ainsi pu accompagner l' essor d' un spécialiste du fixed income, Western Asset Management, qui au départ, au milieu des années 80, ne gérait que 3,5 milliards de dollars d' actifs et qui compte désormais parmi les poids lourds mondiaux du secteur, avec des actifs sous gestion de 453,9 milliards de dollars au 31 décembre 2010. Je pourrais dire la même chose de la boutique française de gestion alternative Permal que nous avons rachetée en 2005. Avec un encours d' environ 22 milliards de dollars au 31 décembre 2010, Permal a dégagé l' an dernier une croissance de l' ordre de 20%, avec une collecte nette en progression de 10% et une performance de 10% également. Nous avons aussi plusieurs sociétés spécialisées sur les actions, de Royce spécialisée sur les petites valeurs américaines, à Legg Mason Capital Management, reconnue pour son processus d'investissement value, en passant par Batterymarch, qui a mis l'analyse quantitative au c?ur de son processus d'investissement. Au total, Legg Mason gère quelques 200 milliards de dollars d'actifs sous gestion en actions.

NM: Quelles sont désormais vos priorités stratégiques?

MF: Je dirai que nous sommes sortis de la crise avec trois grandes priorités stratégiques. Comme je vous le disais, nous sommes toujours à la recherche de gérants best-in-class. Second point, nous tenons beaucoup à notre culture d' entreprise qui accorde beaucoup d' autonomie à nos différentes filiales et qui met l' accent davantage sur la qualité que sur le volume. Enfin, et c' est aussi une leçon que nous avons tirée de la crise, nous devons avoir un portefeuille diversifié sur toutes les différentes classes d' actifs. Nous souhaitons nous renforcer sur les actions et la gestion alternative avec l'objectif de devenir l'un des principaux acteurs de la gestion d'actifs dans le monde.


NM : Quelle place l'Europe occupe-t-elle dans votre dispositif ?

MF : Actuellement, 34% de nos actifs sous gestion sont d'origine étrangère, c'est-à-dire non américaine. Notre objectif est de porter cette proportion à 50%, voire davantage. Dans cette perspective, le marché européen occupe une place de premier plan. Outre notre présence historique à Londres, nous avons développé nos activités en France, en Allemagne, en Suisse et en Italie. Nous envisageons d'ouvrir de nouveaux bureaux en Europe?

NM : En France vous approchez la barre du milliard de dollars d' actifs sous gestion, comment l'activité évolue-t-elle ?

MF : Le marché français fait clairement partie de nos axes de développement fort en Europe, comme l' atteste les recrutements en cours de finalisation notamment sur la clientèle institutionnelle. Le marché français reste friand de gestions actives et nous avons de grosses ambitions pour l' accélération de notre croissance dans des marchés actions qui pourraient favoriser maintenant ce type de gestion. L' un de nos objectifs en France est, par exemple, de devenir l' un des leaders sur les actions américaines.

NM : Envisagez-vous des opérations de croissance externe ?

MF : Tout d'abord, sachez que toutes les sociétés affiliées de Legg Mason sont encouragées à croître organiquement. Mais nous sommes aussi intéressés par des acquisitions ciblées, par exemple du côté des actions.

NM : Est-ce que vous envisager de vous développer dans le secteur des ETF ?


MF : Nous serions intéressés par le développement d'ETF actifs dans le fixed income. Nous pourrions être un acteur de niche dans ce secteur. Nous testons différentes solutions dans ce domaine mais il est clair que nous ne souhaitons pas entrer en concurrence avec les poids lourds du secteur. Je reste très prudent par rapport à ce marché. Il y a il est vrai un élément cyclique dû aux échecs de la gestion active pendant la crise. Cet aspect va se dissiper. Mais il existe aussi un mouvement structurel en faveur de la gestion passive qu'on ne peut pas complètement ignorer.


NM : Vous avez récemment créé un conseil consultatif sur les pensions. Quels sont vos objectifs en la matière?


MF : Les programmes de retraite prennent de plus en plus de place dans l'univers de la gestion d'actifs. Notre objectif n'est pas tant de proposer de nouveaux produits que de nouvelles solutions qui intègrent le passage à la retraite comme un moment important mais non définitif et qui prennent mieux en compte l'aversion au risque de cette clientèle qui a quitté la vie active.

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