Légère hausse de la consommation de gaz en 2013

le
0

En France, les industriels en ont utilisé moins qu'en 2012 contrairement aux particuliers.

L'évolution de la production d'électricité exerce un fort impact sur la consommation de gaz en France. Depuis 2011, les volumes de gaz utilisés par les centrales électriques ont chuté de 50 %, selon les chiffres publiés vendredi par GRTgaz - la filiale de GDF Suez en charge des infrastructures de transport - à l'occasion de la présentation de son bilan annuel.

«L'environnement est marqué par le fort développement des gaz non conventionnels aux États-Unis à l'origine d'une forte concurrence du charbon en Europe», note Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz. Il faut compter aussi avec le poids des énergies vertes (éolien, solaire...) qui sont appelées en priorité sur le réseau au détriment des énergies traditionnelles.

Hors production d'électricité, la consommation des clients industriels directement raccordés au réseau enregistre toutefois une légère progression (+ 2 %), tirée par plusieurs secteurs (chimie, raffinage, verre, matériaux...). À l'arrivée, en 2013 et tous segments confondus, les livraisons de gaz vers l'industrie se sont repliées de 2,4 %, à hauteur de 157 térawattsheure (TWh).

En contrepartie, la consommation des distributions publiques - qui intègrent le résidentiel - a enregistré une hausse de 3,6 % (310 TWh) selon les relevés de GRTgaz. Cette augmentation tient beaucoup au fait que 2013 a été une «année froide» par rapport à 2012, avec l'obligation pour les ménages de se chauffer davantage. En définitive, si l'on juxtapose industrie et distributions publiques, GRTgaz a observé une hausse globale de 1,4 % des consommations de gaz sur son réseau en 2013.

Recul du GNL

En marge des chiffres de la consommation, GRTgaz met aussi en exergue «un bilan des flux très contrasté qui confirme les conditions inédites d'exploitation du système gaz». Cela se traduit notamment dans les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) qui ont chuté de 45 % entre 2011 et 2013.

La France est loin d'être un cas isolé en Europe, avec une baisse par exemple de 61 % en Belgique. «La période est marquée par une réorientation massive des cargaisons de GNL vers l'Asie, explique Thierry Trouvé, outre les très forts besoins de la Chine, le Japon post-Fukushima a été obligé de trouver une alternative à l'arrêt de ses réacteurs nucléaires.»

En matière d'axe de transport, GRTgaz note encore un certain nombre de points de congestion entre le nord et le sud. «Ces embouteillages s'expliquent par la baisse du GNL et des stockages, mais aussi par des exportations plus importantes de gaz vers l'Espagne, via des volumes qui traversent toute la France», continue Thierry Trouvé. En 2013, les sorties depuis le réseau de GRTgaz à destination de la péninsule ibérique sont en hausse de 13 %.

Pour tenter de fluidifier les routes du gaz en France, différentes options sont à l'étude comme le renforcement des réseaux sur un axe Saône-Rhône. L'ensemble de ces projets, estimé à plus d'un milliard d'euros, doit encore faire l'objet de concertation et donnera lieu à une décision de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant