Léger recul de la croissance du secteur manufacturier en Europe

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LÉGER RECUL DE LA CROISSANCE DU SECTEUR MANUFACTURIER EN EUROPE
LÉGER RECUL DE LA CROISSANCE DU SECTEUR MANUFACTURIER EN EUROPE

PARIS/BERLIN/LONDRES (Reuters) - Principaux résultats, définitifs pour l'Allemagne, la France et la zone euro, des enquêtes Markit auprès des directeurs d'achat du secteur manufacturier en Europe publiés lundi.

Les données pour la Grande-Bretagne, l'Irlande et les Pays-Bas avaient été publiées vendredi.

L'activité manufacturière dans la ZONE EURO a subi une légère décélération de sa croissance en avril, mais les entreprises ont relevé leurs prix pour la première fois en huit mois et le nombre d'embauches dans le secteur est au plus haut depuis près de quatre ans, des éléments plutôt de bon augure pour la suite de 2015.

L'indice des directeurs d'achats (PMI) Markit est ressorti à 52,0, dépassant l'estimation flash le donnant à 51,9, mais reculant par rapport au niveau de 52,2 de mars, qui avait constitué un pic de 10 mois.

En février il avait été de 51,0, tout comme en janvier. L'indice est au-dessus des 50, la démarcation entre croissance et contraction, depuis 22 mois.

Cette poursuite de la croissance du secteur et, surtout, la remontée de prix, devraient être bien accueillis par la Banque centrale européenne (BCE), qui s'est lancée début mars dans un programme d'assouplissement quantitatif pour relancer l'activité et éloigner le spectre de la déflation.

Cette politique semble avoir porté ses fruits dans le domaine des prix à la consommation, restés inchangés en avril sur un an après avoir reculé auparavant pendant quatre mois de suite.

La composante prix à la production s'est établie au-dessus de la barre des 50 pour la première fois en huit mois. Celle mesurant l'emploi est passée de 51,6 à 51,9, un pic depuis août 2011.

En ALLEMAGNE, la croissance de l'activité manufacturière a perdu un peu de son dynamisme en avril tout en restant solide, selon des données PMI suggérant un démarrage lent mais régulier du deuxième trimestre dans la première économie européenne.

L'indice PMI manufacturier, qui représente environ un cinquième du produit intérieur brut (PIB) allemand, s'est établi en version définitive à 52,1, contre 51,9 en première estimation et après un pic de 11 mois à 52,8 atteint en mars.

Les nouvelles commandes ont continué d'affluer et la croissance de la production a ralenti, mais les manufacturiers ont accéléré le rythme de leurs embauches.

La faiblesse de l'euro a aidé les entrepreneurs allemands à décrocher de nouveaux contrats à l'étranger, tout en augmentant le coût de leurs importations.

"Le secteur manufacturier est passé à une vitesse inférieure en avril", note Oliver Kolodseike, économiste chez Markit.

Il s'agit toutefois de la deuxième meilleure performance en neuf mois et l'économiste évoque une "croissance modeste dans le secteur".

En FRANCE, l'activité dans le secteur manufacturier s'est contractée pour le douzième mois consécutif en avril, à un rythme plus prononcé qu'en mars.

L'indice global du secteur est ressorti à 48,0 contre 48,8 un mois plus tôt. Ce niveau est inférieur à la première estimation "flash" (48,4) et reste sous la barre de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité.

La production recule pour le onzième mois consécutif, à son rythme le plus élevé depuis décembre. Cette baisse concerne tout le secteur manufacturier, les fabricants de biens de consommation accusant le plus fort recul.

Le volume des nouvelles commandes baisse pour le douzième mois consécutif, à un rythme plus marqué qu'en mars.

L'emploi manufacturier se contracte quant à lui pour le treizième mois de suite, à un rythme plus prononcé qu'en mars.

Développement

En ITALIE, l'activité manufacturière a crû en avril à son rythme le plus marqué en 12 mois, un élément renfornçant les espoirs de voir la troisième puissance économique de la zone euro enfin sortir de sa plus longue récession depuis la fin de la Seocnde Guerre monndiale.

Selon l'enquête réalisée par Markit et l'association nationale des directeurs d'achat Adaci, l'indice PMI s'est établi à 53,8 le mois dernier contre 53,3 en mars, 51,9 en février et 49,9 en janvier.

Le sous-indice des nouvelles commandes a poursuivi sa hausse, s'établissant à 54,8 contre 54,5 en mars et 51,2 en février.

L'Italie, qui n'a pas connu un seul trimestre de croissance sur les trois dernières années, a probablement enregistré une croissance économique modeste au premier trimestre de cette année, a dit il y a 15 jours la Banque d'Italie.

En ESPAGNE, la croissance du secteur manufacturier est restée soutenue en avril, grâce notamment à une bonne tenue des prises de commandes. L'indice PMI manufacturier s'est ainsi établi à 54,2, après 54,3 en mars, 54,2 en février et 54,7 en janvier, se situant ainsi au-dessus de la barre de 50 pour le dix-septième mois d'affilée.

L'économie espagnole est sortie à la mi-2013 de cinq ans de récession ou de stagnation et connaît depuis une forte croissance, mais avec un taux de chômage qui reste proche de 24%.

En fin de semaine dernière, le gouvernement espagnol a relévé ses prévisions de croissance pour 2015 et 2016 et dit tabler sur la création de deux millions d'emplois d'ici 2018, ce qui permettrait de ramener le taux de chômage à 15,6% en 2018.

L'Espagne, quatrième puissance économique de la zone euro, a vu son PIB augmenter de 0,9% au premier trimestre, un rythme inédit depuis 2007, selon la première estimation officielle publiée jeudi, grâce entre autres à la vigueur de la consommation des ménages.

En GRANDE-BRETAGNE, la croissance de l'activité manufacturière a subi en avril son ralentissement le plus marqué en plus de deux ans, alimentant un peu plus les soucis entourant la situation économique à quelques jours des élections législatives.

L'indice des directeurs d'achats (PMI) de Markit est ressorti en avril à un plus bas de sept mois de 51,9 contre 54,0 en mars, un recul sans précédent en ampleur depuis février 2013. L'indice est inférieur aux prévisions de l'ensemble des 31 économistes qui avaient été interrogés par Reuters. Tous avaient prédit une modeste accélération du rythme de croissance.

"Le PMI n'est pas particulièrement positif pour le secteur manufacturier", observe Rob Dobson, économiste de Markit. "On cherche encore en vain des signes de rééquilibrage de l'économie vers l'industrie et l'exportation".

La composante des prix facturés révèle une baisse des prix d'une ampleur inédite depuis septembre 2009, tandis que l'embauche n'a jamais été aussi faible depuis juin 2013. Les nouvelles commandes à l'exportation ont diminué au rythme le plus soutenu depuis janvier 2013, conséquence, affirment les entreprises concernées, de la vigueur du sterling qui a inscrit en mars un pic de plus de sept ans contre l'euro.

En IRLANDE, le secteur manufacturier a connu son 23e mois consécutif de croissance en avril, mais à un rythme légèrement moins tendu que les deux mois précédents, la croissance des commandes à l'exportation en particulier ayant touché un plus bas de six mois.

L'indice des directeurs d'achats (PMI) Investec ressort à 55,8 en avril contre 56,8 en mars. En février, il avait atteint un pic de 15 ans. L'indice est au-dessus de 50, la démarcation entre croissance et contraction de l'activité, depuis mai 2013.

Le sous-indice des commandes à l'exportation a fléchi à 56,3, au plus bas depuis octobre 2014, contre 57,9 en mars.

Philip O' Sullivan, économiste d'Investec, n'est pas surpris outre mesure de ce léger coup de frein puisque la croissance dans l'ensemble de la zone euro a été en avril un peu inférieure à celle de mars.

Aux PAYS-BAS, l'activité manufacturière a crû en avril au rythme le plus soutenu depuis trois mois, encourageant les entreprises à embaucher davantage.

L'indice des directeurs d'achats (PMI) NEVI ressort à 54,0 en avril contre 52,5 en mars, a annoncé Markit vendredi.

L'activité a été alimentée par la plus forte hausse des commandes nouvelles depuis avril et par une baisse des stocks.

"Les dernières données indiquent que le secteur manufacturier a vu sa vitesse s'accélérer au début du deuxième trimestre", commente Jack Kennedy, économiste de Markit.

Les pressions de la concurrence ont toutefois affecté la capacité des entreprises à fixer leurs prix de vente.

(Wilfrid Exbrayat et Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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