Leclerc baissera les prix à la pompe dès lundi

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À la demande du ministre de l'Énergie Éric Besson, le distributeur va réduire ses prix de 1 à 3 centimes dès ce lundi. Le pétrolier Total promet quant à lui de diminuer ses tarifs si le recul des cours se poursuit.

Prendre son essence chez Leclerc coûtera un peu moins cher dès ce lundi. Michel-Édouard Leclerc, patron des centres du même nom, a en effet promis une réduction «de 1 à 3 centimes par litre selon la rotation des stocks». Le groupe vend 12% du gazole en France, le carburant le plus consommé dans l'Hexagone.

Cette annonce fait suite à l'appel d'Éric Besson, le ministre de l'Énergie, qui a réclamé des distributeurs de carburant qu'ils répercutent à la pompe la dégringolade des prix du baril en cours depuis l'annonce, jeudi, d'une mise sur le marché de 60 millions de baril de la part des pays de l'AIE.

Moins catégorique, Total promet également de faire un geste: «Nous pensons, nous espérons que cette mesure aura un impact positif sur les prix, et nous ne manquerons pas de la répercuter sur le prix à la pompe, bien sûr», a confirmé une porte-parole de Total. «La question est de savoir en combien de temps il faut que les stocks soient délivrés, ça ne peut pas se faire d'une heure à l'autre», a-t-elle toutefois ajouté.

Lors de la semaine achevée le 17 juin, le litre de gazole valait en moyenne 1,3335 euro. Le sans plomb 95 était à 1,5030 euro par litre et le sans plomb 98 à 1,5435 euro.

Vers une baisse de 2 à 3 centimes

Ce vendredi, le baril se maintient environ 5 à 6 dollars en dessous de son niveau de mercredi. Vers 18 heures à Paris, le Brent de la Mer du Nord pour livraison en août s'échangeait à 105,32 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, perdant encore 1,94 dollar par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en août, lâchait quant à lui 42 cents, à 90,60 dollars.

«Cela correspond à une baisse de 2 à 3 centimes d'euro par litre si les prix du brut se maintiennent à ce niveau», a expliqué Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip, patronat). Cette baisse devrait selon lui se répercuter aux prix à la pompe «mécaniquement» dans le courant de la semaine prochaine.

«C'est le mécanisme de fonctionnement du marché qui veut cela»

Pour rappel, la précédente baisse des cours du pétrole brut ent mai avait entraîné une passe d'armes entre compagnies pétrolières et gouvernement. Un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes avait souligné que la baisse des cours du pétrole brut n'avait été répercutée sur les prix à la pompe que dans une «proportion de 50% à 70% suivant les réseaux» pour le gazole et «pas ou peu pour le super 95». La ministre de l'Economie Christine Lagarde avait évoqué ce rapport pour déclarer que le gouvernement pourrait imposer aux pétroliers de réduire le prix des carburants à la pompe.

«L'ensemble du marché va répercuter cette baisse de prix si elle se maintient. Que le ministre insiste, soit, mais c'est le mécanisme de fonctionnement du marché qui veut cela», prévient Jean-Louis Schilansky. Ce dernier président est de toute manière pessimiste pour la suite. Selon lui, la décision de l'AIE «ne change pas fondamentalement l'équilibre offre/demande du marché. Si la Chine continue à consommer comme elle le fait, les prix du brut repartiront à la hausse ou au moins se stabiliseront», a-t-il jugé. De la même manière, «à un moment donné, les pays membres de l'AIE devront restocker et racheter les 60 millions de barils. Cela créera à ce moment une nouvelle tension sur le marché», a-t-il assuré.

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