LEAD-France-Révision constitutionnelle menacée malgré le vote du Sénat

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    * Les sénateurs ont voté l'état d'urgence et la déchéance 
    * Mais ils ont retouché le texte des députés 
    * "Nous sommes loin" d'un compromis, dit Valls 
 
 (Actualisé avec vote sur la déchéance) 
    PARIS, 17 mars (Reuters) - Le Sénat a adopté jeudi les 
articles sur l'état d'urgence et la déchéance de nationalité du 
projet de révision Constitutionnelle, qui paraît toutefois mal 
engagé compte tenu des retouches apportées au texte par la 
chambre haute. 
    Les divergences les plus fortes entre les deux assemblées 
portent sur la question de la déchéance, que les sénateurs 
entendent réserver aux binationaux et aux personnes condamnées 
pour seuls crimes terroristes et non pour délits. 
    La version de l'article 2 remaniée par le Sénat balaie les 
conclusions auxquelles étaient parvenus le mois dernier les 
députés, après de longs débats à la recherche d'un consensus 
jusqu'au sein de la gauche. 
    Or ce projet, promis par l'exécutif après les attentats du 
13 novembre à Paris, devra être adopté dans les mêmes termes par 
l'Assemblée nationale, majoritairement de gauche, et le Sénat, 
majoritairement de droite, avant de pouvoir être entériné, le 
cas échéant, par au moins trois cinquièmes des parlementaires 
réunis en Congrès, à Versailles. 
    Faute d'accord entre les deux chambres, le texte poursuivra 
ses navettes entre elles, à moins que le gouvernement renonce. 
    "Il faut avancer ensemble et trouver le meilleur moyen de 
voter dans les mêmes termes (...) ce texte", a déclaré Manuel 
Valls, venu au Sénat défendre la révision de la Constitution. 
    "Il ne faut pas que ça dure trop longtemps, les Français ne 
le comprendraient pas", a ajouté le Premier ministre sur la 
chaîne Public Sénat. 
     
    VOTE SOLENNEL LE 22 MARS 
    Interrogé sur la possibilité de réduire le projet au seul 
état d'urgence, en y incluant éventuellement un article portant 
sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, Manuel 
Valls a évacué la question. 
    "Avant d'envisager n'importe quelle hypothèse, j'espère 
encore convaincre le Sénat de bâtir un compromis avec 
l'Assemblée nationale. Nous en sommes loin", a-t-il dit. 
    Mercredi, le chef de file des sénateurs socialistes, Didier 
Guillaume, s'était lui-même déclaré pessimiste sur la tenue d'un 
Congrès pour voter la révision voulue par François Hollande. 
    Depuis quatre mois, ce projet réveille les antagonismes à 
gauche, où les plus virulents dénoncent des mesures piochées à 
droite, voire à l'extrême-droite, et contraires à l'exigence 
d'égalité entre citoyens.   
    L'article 2, consacré à la déchéance de nationalité, a 
recueilli au Sénat 186 voix pour, contre 150.     
    Par 301 voix contre 38 et sept abstentions, les sénateurs 
avaient voté auparavant une version de l'article 1 légèrement 
différente de celle adoptée par les députés, le délai maximal de 
prorogation de l'état d'urgence étant réduit de quatre à trois 
mois. 
    Le vote solennel au Sénat sur l'ensemble du projet de 
révision doit avoir lieu le 22 mars.        
 
 (Simon Carraud, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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