LEAD 3-Italie-Le M5S inflige une sévère défaite à Renzi aux municipales

le , mis à jour à 09:49
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 (Bien lire "un échec clair et total" dans le communiqué du 
Parti démocrate.) 
    * Victoire écrasante du Mouvement 5 Etoiles à Rome 
    * La capitale élit une femme pour la première fois 
    * Victoire choc du parti anti-système également à Turin 
    * Le Parti démocrate de Renzi conserve Milan et Bologne 
 
    par Crispian Balmer et Gavin Jones 
    ROME, 20 juin (Reuters) - Le Parti démocrate du chef du 
gouvernement italien Matteo Renzi a été battu à plates coutures 
à Rome et à Turin par les anti-système du Mouvement 5 Etoiles 
(M5S), dimanche à l'issue du second tour des élections 
municipales. 
    Ce résultat représente une percée majeure pour le M5S de 
l'humoriste Beppe Grillo. Il met aussi en position difficile le 
président du Conseil qui a lié son avenir politique aux réformes 
constitutionnelles qu'il veut faire adopter par référendum au 
mois d'octobre. 
    A Rome, Virginia Raggi, candidate du M5S, l'emporte haut la 
main avec 67% des suffrages exprimés, face au candidat de centre 
gauche Roberto Giachetti et entre dans l'Histoire en devenant la 
première femme maire de la capitale. 
    L'intérim était assuré depuis fin 2015 par le préfet 
Francesco Paolo Tronca, le maire de centre gauche, Ignazio 
Marino, ayant démissionné après avoir été mis en cause dans une 
affaire liée à ses notes de frais. 
    "C'est une nouvelle ère qui commence avec nous", a s'est 
félicitée Virginia Raggi. "Nous travaillerons à redonner égalité 
et transparence aux institutions de la ville." 
    Les grands noms du Parti démocrate se sont faits discrets 
dimanche sur les plateaux de télévision, mais la direction du 
mouvement annonce dans un communiqué qu'elle examinera vendredi 
les "implications nationales" du scrutin. 
    "Les résultats du second tour à Rome et à Turin sont un 
échec clair et total pour les candidats du PD", ajoute-t-elle.   
  
    Le PD reste toutefois aux commandes à Milan, la capitale 
financière, ainsi qu'à Bologne, où ses candidats ont devancé 
leurs adversaires traditionnels de centre droit. 
    Matteo Renzi avait exclu de démissionner dans tous les cas 
de figure, mais a promis de se retirer de la vie politique si 
ses réformes, qui prévoient notamment la réduction des pouvoirs 
du Sénat, sont rejetées par les électeurs au mois d'octobre. Le 
chef du gouvernement les juges nécessaires à la stabilité 
politique. 
    Les défaites du Parti démocrate à Rome et à Turin laissent 
toutefois planer le doute sur sa capacité à les faire adopter. 
L'opposition y est hostile et son mouvement lui-même est divisé. 
     
    EN POSITION DE FORCE 
    Arrivé au pouvoir en 2014 après avoir promis de revitaliser 
l'Italie, le chef du gouvernement a du mal à relancer la 
croissance économique et la création d'emplois après des années 
de stagnation. Il a aussi été affecté par des affaires à 
répétition dans le secteur bancaire.  
    Le PD avait anticipé sa défaite à Rome après les critiques 
acerbes sur sa gestion de la ville, mais la perte de Turin, 
bastion traditionnel du centre gauche et berceau du groupe 
automobile Fiat, constitue un choc. 
    Le maire sortant, Piero Fassino, un poids lourd du PD, a été 
balayé par la candidate du M5S, Chiara Appendino, 31 ans, élue 
avec 55% des suffrages alors qu'elle accusait 11 points de 
retard à l'issue du premier tour. 
    Créé il y a sept ans, le M5S ne détenait jusqu'à présent 
qu'une poignée de communes de taille moyenne. S'il arrive à 
gérer efficacement Rome et Turin, le parti anti-système sera en 
position de force pour les élections législatives de 2018. 
    L'impétueux Beppe Grillo, 67 ans, s'est retiré de la ligne 
de front politique ces 18 derniers mois pour laisser la place à 
une génération de jeunes dirigeants qui ont donné du M5S une 
image plus modérée et lui ont permis de toucher un public plus 
vaste. 
    Le M5S continue à dénoncer la corruption endémique de la vie 
publique, son fonds de commerce, mais s'est démarqué de son 
image de parti purement contestataire et ses propositions sont 
désormais prises au sérieux, estiment les observateurs. 
    Le parti souhaite mettre en place le revenu universel, 
renforcer les sanctions contre la criminalité en col blanc et la 
fraude fiscale, fermer ou privatiser un certain nombre de 
sociétés du secteur public et réduire la fiscalité des petits 
entreprises. 
    Quelque 8,6 millions de personnes, soit un cinquième de 
l'électorat, étaient concernées par ce second tour qui se 
déroulait dans les 126 communes où aucun candidat n'avait 
remporté plus de 50% des voix au premier tour, le 5 juin. 
    A Naples, le maire sortant sans étiquette, Luigi de 
Magistris, l'a facilement emporté face au candidat de droite. 
Celui du PD avait été battu dès le premier tour. 
    Le centre droit ne remporte aucune des cinq plus grandes 
villes d'Italie dont la mairie était à pourvoir, mais il a 
réussi à prendre Trieste au centre gauche. 
    Le taux de participation est tombé à 50,5%. Il était 
d'environ 60% il y a deux semaines. 
 
 (Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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