LEAD 1-L'UE négocie avec la Turquie pour arrêter les flux de migrants

le , mis à jour à 19:56
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 (Précise l'origine du projet d'accord, d'inspiration turque et 
diffusé par Donald Tusk auprès des dirigeants européens § 6) 
    * Le sommet de Bruxelles prolongé 
    * Un nouveau projet d'accord 
    * Un mécanisme d'échange de réfugiés, E3 mds de plus pour 
Ankara 
 
    par Gabriela Baczynska et Jean-Baptiste Vey 
    BRUXELLES, 7 mars (Reuters) - Les Européens, qui négociaient 
lundi avec la Turquie pour tenter de juguler l'afflux de 
migrants, lui verseraient trois milliards d'euros de plus et une 
exemption anticipée des visas, tout en créant un mécanisme 
d'échange de réfugiés syriens. 
    Un projet d'accord, dont Reuters a pris connaissance dans 
l'après-midi, propose que la Turquie reprenne sur son territoire 
tous les migrants, y compris syriens, qui ont rallié les îles 
grecques de la mer Egée via les réseaux de passeurs. 
    En échange, pour chaque Syrien réadmis en Turquie, l'UE 
prendrait en charge un réfugié syrien sur le territoire turc, 
instituant un canal d'admission contournant les passeurs. 
    L'UE offrirait en outre trois milliards d'euros à Ankara 
d'ici la fin 2018, en plus des 3 milliards promis fin novembre. 
    Les ressortissants turcs, enfin, seraient dispensés de visas 
pour entrer et circuler dans les pays membres de l'espace 
Schengen dès la fin juin, plus tôt que ce qui était initialement 
prévu.   
    Ce projet d'accord se fonde sur des propositions turques et 
a été présenté par le président du Conseil européen, Donald 
Tusk, comme base de discussion entre les dirigeants des 
Vingt-Huit, qui retrouveront dans la soirée le Premier ministre 
turc Ahmet Davutoglu. 
    Après un déjeuner avec le chef du gouvernement turc, les 
dirigeants européens ont tenu des rencontres bilatérales alors 
qu'ils devaient à l'origine se réunir à 28. 
    Un responsable de l'UE a annoncé en début d'après-midi que 
le sommet serait prolongé en soirée. Les Turcs, a-t-il, dit, 
"offrent plus mais demandent aussi plus". 
     
    PRESSION TURQUE 
    Intervenant depuis Istanbul à la télévision turque, le 
président Recep Tayyip Erdogan a fait monter la pression. 
    "Nous avons déjà dépensé dix milliards de dollars pour trois 
millions de personnes. Ils (les Européens-NDLR) nous ont promis 
trois milliards d'euros, quatre mois se sont écoulés depuis. 
Notre Premier ministre est actuellement à Bruxelles, j'espère 
qu'il rentrera avec cet argent, avec ces trois milliards 
d'euros", a-t-il dit. 
    "Les Turcs négocient très durement", a confié un diplomate 
européen de haut rang.     
    Les Européens doivent parallèlement s'accorder sur cette 
crise et tenter de dépasser les dissensions liées aux 
restrictions de circulation imposées par certains d'entre eux. 
    Pour François Hollande, "le plan est simple à énoncer, 
difficile à mettre en oeuvre: c'est sécurité des frontières 
extérieures, coopération avec la Turquie et solidarité avec la 
Grèce". 
    Le coup de force mené vendredi par les autorités turques 
contre le journal Zaman menace de compliquer encore les 
discussions, les Européens étant partagés entre la colère envers 
la Turquie et la crainte de ne pas obtenir son aide. 
    "Coopération avec la Turquie ne veut pas dire qu'on accepte 
tout de la Turquie", a dit François Hollande. "La presse elle 
doit être libre partout, et notamment en Turquie." 
     
    FERMER LA "ROUTE DES BALKANS" ? 
    Parmi les Européens, la formule entérinant la fermeture des 
frontières des pays situés sur la "route des Balkans" 
occidentaux, adoptée dimanche lors d'une réunion des 
ambassadeurs de l'UE, était contestée lundi par l'Allemagne. 
    Angela Merkel bénéficie sur ce point du soutien du président 
de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a précisé une 
source, alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, 
souhaite la conserver. 
    Entériner les fermetures des frontières de la Macédoine, de 
l'Autriche et d'autres pays situés sur la route de l'Allemagne, 
qui ont pour conséquence de bloquer les migrants en Grèce, 
s'accompagnerait d'un engagement à relancer le projet de 
relocalisation des demandeurs d'asile, resté largement lettre 
morte pour le moment.  ID:nL5N16E0Z9  
    La France a renouvelé son engagement d'accueillir 30.000 
réfugiés, sur les 160.000 prévus au total, et François Hollande 
a déclaré lundi qu'il était possible d'envisager des 
relocalisations depuis la Turquie. 
    L'Otan a annoncé dimanche que sa nouvelle force navale 
chargée de patrouiller en mer Egée avait été autorisée à opérer 
dans les eaux grecques et turques. La Turquie s'est engagée à 
reprendre les migrants interceptés dans ses eaux territoriales 
ou ayant gagné la Grèce sans avoir obtenu l'asile dans l'UE. 
    Depuis la fermeture des frontières plus au nord, quelque 
30.000 migrants sont bloqués en Grèce et 2.000 à 3.000 
supplémentaires arrivent chaque jour sur son territoire.  
             
    VOIR AUSSI:   
    L'accord UE-Turquie du 29 novembre:  ID:nL8N13O0R4 ]         
                          
    http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2015/11/29-eu-turkey-meeting-statement/ 
 
 (Avec le bureau européen de Reuters et Daren Butler et Ece 
Toksabay à Istanbul, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • jpoche il y a 11 mois

    c super l'europe, on donne de l'argent à la turquie afin qu'elle veuille bien se donner la peine de prendre soin de ne plus vouloir nous envoyer volontier des migrants. Bon au moins je sais à quoi ça sert l'europe ! Merci Merkel....

  • fdha il y a 11 mois

    les politiciens nous trahissent!