LEAD 1-L'Onu appelle le monde à réduire de moitié les populations déplacées d'ici 2030

le , mis à jour à 13:07
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 (Bien lire 2030 dans la citation du deuxième paragraphe) 
    par Humeyra Pamuk et Ayla Jean Yackley 
    ISTANBUL, 23 mai (Reuters) - Le secrétaire général des 
Nations unies, Ban Ki-moon, qui ouvrait lundi matin le premier 
sommet humanitaire mondial, a appelé les dirigeants de la 
planète à s'engager à réduire de moitié le nombre de civils 
déplacés d'ici 2030.  
    "Nous sommes ici pour façonner un avenir différent", a-t-il 
dit. "Je vous exhorte à vous engager sur une réduction de moitié 
des personnes déplacées d'ici 2030 et de trouver de meilleures 
solutions à long terme pour les réfugiés et les déplacés sur la 
base d'un partage plus équitable des responsabilités", a-t-il 
poursuivi. 
    Le sommet, organisé sur deux jours à Istanbul, est le 
premier du genre. Son objectif est d'améliorer l'aide d'urgence 
face à des crises de plus en plus nombreuses et complexes.  
    L'OCHA, le bureau de coordination des affaires humanitaires 
des Nations unies, organise la réunion à laquelle sont attendus 
quelque 6.000 délégués. Son chef, le coordonnateur des secours 
d'urgence de l'Onu Stephen O'Brien, a expliqué que cette 
conférence d'Istanbul devait servir à rassembler les énergies 
pour réformer le système d'aide tout en endiguant la "demande" 
en s'attaquant aux racines -- guerres, désastres -- de ces 
vastes besoins humanitaires. 
    "Nous avons besoin d'une vision politique et d'un engagement 
pour mieux prévenir et résoudre les conflits et les crises. Ce 
sommet est un point de départ", a dit le diplomate britannique. 
    La réunion a toutefois pâti de l'absence de Médecins sans 
frontières (MSF), acteur primordial de l'aide d'urgence, qui a 
retiré sa participation au début du mois. L'organisation juge 
que la conférence, en mettant sur le même pied organisations 
d'aide et gouvernements, exonère les Etats de leurs 
responsabilités dans les conflits ou les violations du droit 
humanitaire.  
    Le directeur général d'Oxfam Grande-Bretagne, Mark Goldring, 
a averti quant à lui que le sommet, s'il veut être "autre chose 
qu'un coûteux forum de discussion", devra "s'attaquer aux échecs 
répétés des Etats dans le règlement des conflits et mettre fin à 
la culture de l'impunité qui permet de tuer des civils sans 
subir de conséquences". 
    "Nous devons lutter pour le respect du droit international 
humanitaire. Nous constatons une absence de respect du droit 
international humanitaire qui provoque d'énormes dégâts dans le 
monde", a renchéri Jan Eliasson, le vice-secrétaire général de 
l'Onu, dimanche lors d'une conférence de presse à Istanbul, 
mentionnant le bombardements des hôpitaux ou des sièges 
"pratiquement médiévaux" en Syrie et au Yémen. 
     
    ERDOGAN: LE SYSTÈME HUMANITAIRE INTERNATIONAL EN FAILLITE 
    De son côté, la Turquie, pays hôte, a estimé que le système 
international d'aide humanitaire était en faillite. Et dans une 
tribune publiée avant le sommet dans le Guardian, le président 
turc, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois accusé les 
Occidentaux de ne pas en faire assez pour les Syriens. 
    "L'ampleur de la faillite du système humanitaire 
international est alarmante", dénonce-t-il. "En fermant les yeux 
sur les crimes de Bachar al Assad contre son propre peuple, la 
communauté internationale a largement ignoré en particulier ses 
responsabilités envers le peuple syrien." 
    La guerre en Syrie a fait plus de 11 millions de déplacés. 
    Les 175 gouvernements -- et 65 dirigeants -- attendus à 
Istanbul devraient toutefois se contenter d'engagements non 
contraignants sur la nécessité d'agir tôt en cas de situations 
potentiellement conflictuelles, d'en empêcher de nouvelles et de 
s'attaquer aux racines des conflits.  
    Il n'est pas non plus certain qu'ils offriront beaucoup 
d'argent pour combler un déficit du financement de l'aide 
humanitaire estimé annuellement à 15 milliards de dollars.  
    Le sommet d'Istanbul devrait toutefois produire des 
résultats concrets pour améliorer l'aide d'urgence. L'une des 
principales demandes formulées lors des réunions préparatoires 
était de mettre davantage d'argent dans les ONG locales et 
nationales qui sont souvent très sollicitées dans les situations 
de crise, souvent en tant que sous-traitantes modestement payées 
par les grosses structures internationales.   
 
 (avec Megan Rowling de la Fondation Thomson Reuters; 
Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service 
français; La Fondation Thomson Reuters est la fondation 
caritative de Thomson Reuters dédiée à la couverture des sujets 
humanitaires et liés aux droits des femmes, à la lutte contre la 
corruption et au changement climatique.; http://www.trust.org) 
 
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