LEAD 1-L'économie allemande a moins ralenti qu'attendu au 2e trimestre

le , mis à jour à 10:55
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 (Corrige le nom de l'analyste au §11) 
    * PIB en hausse de 0,4% au T2 après +0,7% au T1 
    * La faiblesse de l'investissement pèse sur la croissance 
    * Les économistes s'attendent à un nouveau ralentissement 
 
    par Joseph Nasr 
    BERLIN, 12 août (Reuters) - L'économie allemande a mieux 
résisté que prévu au deuxième trimestre, la hausse des 
exportations et la vigueur des dépenses publiques et de la 
consommation privée ayant compensé la faiblesse des 
investissements dans la construction et l'industrie. 
    Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,4% sur la 
période avril-juin après une croissance de 0,7% au premier 
trimestre, selon une première estimation publiée vendredi par 
l'Office fédéral de la statistique. 
    La première économie européenne affiche ainsi une 
performance nettement meilleure que celle de la France, où le 
PIB a stagné au deuxième trimestre.   
    Les économistes interrogés par Reuters ne prévoyaient qu'une 
croissance de 0,2% en Allemagne sur avril-juin car ils 
s'attendaient à un net ralentissement après la hausse marquée du 
PIB au premier trimestre - la plus forte depuis le premier 
trimestre 2014 -, favorisée par la douceur de l'hiver, qui a 
dopé l'activité du secteur de la construction. 
    Par rapport au deuxième trimestre 2015, la croissance 
allemande a atteint 3,1%, soit le rythme le plus élevé depuis 
cinq ans et plus du double du consensus Reuters, qui la donnait 
à 1,5%. 
    Mais les bonnes surprises annoncées vendredi ne suffisent 
pas à rassurer certains économistes, qui s'attendent à ce que 
l'économie allemande finisse par souffrir de la faiblesse de 
l'investissement et de l'impact du vote britannique en faveur de 
la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 
     
    BERLIN APPELÉ À SOUTENIR L'INVESTISSEMENT 
    Carsten Brzeski, d'ING, explique que l'économie profite pour 
l'instant du dynamisme de la consommation intérieure, fruit du 
soutien de la politique de la Banque centrale européenne (BCE) 
et de l'afflux de réfugiés dans le pays. 
    "Pour que la reprise actuelle soit durable (ou pour initier 
un nouveau cycle), il faudra une reprise de l'investissement. 
Jusqu'à présent, le niveau de l'investissement (à l'exception de 
l'investissement dans l'immobilier) s'est à peine repris en 
dépit de la faiblesse des taux d'intérêt", ajoute-t-il. 
    "L'incertitude accrue liée au Brexit, les faiblesses 
structurelles persistantes dans de nombreux pays de la zone euro 
et le nouvel accès de ralentissement à l'échelle mondiale 
rendent très improbable une reprise de l'investissement liée au 
marché intérieur", poursuit-il, ajoutant que le gouvernement 
doit prendre l'initiative. 
    Mais Berlin a rejeté les critiques du Fonds monétaire 
international (FMI) et de certains partenaires de la zone euro 
sur la faiblesse de l'investissement public allemand. 
    Pour Jörg Zeuner, économiste de la banque publique KfW, le 
résultat du référendum britannique du 23 juin sur l'UE risque de 
pénaliser l'économie allemande. 
    "La décision de sortir de l'UE va affecter l'économie 
britannique et ce ralentissement va se propager à l'Allemagne 
par le biais d'une baisse des exportations", explique-t-il. 
    "Le Royaume-Uni est un marché important, notamment pour les 
constructeurs automobiles allemands mais aussi pour nos 
industries chimique et pharmaceutique." 
    Tableau   
 
 (Bertrand Boucey et Marc Angrand pour le service français) 
 
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