LEAD 1-Damas refuse de discuter présidence aux pourparlers à Genève

le , mis à jour à 15:55
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 (Supprime référence à Assad comme une "ligne rouge" après 
clarification d'un responsable syrien qui a précisé que Moualem 
s'adressait à l'ambassadeur de Syrie aux Nations unies dans le 
public Bachar al Djaafari quand il a dit que la question de la 
présidence était une "ligne rouge") 
    BEYROUTH, 12 mars (Reuters) - Le ministre syrien des 
Affaires étrangères a confirmé samedi la participation de son 
gouvernement aux nouvelles négociations de paix qui doivent 
commencer lundi à Genève et exclu toute discussion à propos de 
la présidence. 
    L'opposition se fait des illusions si elle croit qu'elle 
peut prendre le pouvoir à Genève alors qu'elle n'a pas réussi à 
le prendre sur le champ de bataille, a ajouté Walid Moualem.  
    La délégation gouvernementale rejettera les tentatives 
d'inscrire le sujet de l'élection présidentielle au programme 
des discussions, a-t-il dit.    
    "Nous ne discuterons pas avec quiconque discutera de la 
présidence", a dit le ministre à Damas lors d'une conférence de 
presse télévisée.  
    "Je leur conseille de ne pas venir aux discussions s'ils 
avaient ça en tête", a-t-il ajouté à l'adresse des opposants. 
"Ils doivent abandonner leurs illusions."  
    Walid Moualem a également déclaré que la délégation 
gouvernementale se rendrait dès dimanche à Genève et 
n'attendrait pas plus de 24 heures pour démarrer les 
discussions. Au delà de ce délai, elle repartira à Damas si 
l'opposition ne se présente pas. 
    Ce que le gouvernement syrien entend par "transition 
politique", a-t-il précisé, est une période qui va de l'actuelle 
constitution à une nouvelle et du gouvernement actuel à un 
nouveau gouvernement avec participation de l'opposition. 
    L'opposition syrienne, principalement représentée par le 
Haut comité des négociations (HCN), veut que les discussions 
soient centrées sur l'établissement d'un organe gouvernemental 
de transition qui disposerait des pleins pouvoirs exécutifs. 
Elle rejette l'idée de se joindre à un gouvernement syrien 
élargi. 
    En réponse aux propos de Walid Moualem, le HCN a accusé 
Damas de mettre fin aux discussions avant même qu'elles aient 
commencé. 
    "Je crois qu'il porte un coup fatal à Genève, c'est clair", 
a déclaré Monzer Makhous, membre du HCN, à la chaîne de 
télévision Al Arabiya al Hadass. "Moualem arrête les pourparlers 
avant même qu'ils ne commencent." 
    Le ministre syrien des Affaires étrangères a également 
évoqué l'engagement du gouvernement envers l'accord de 
"cessation des hostilités" mis au point par les Etats-Unis et la 
Russie qui a permis de réduire le niveau de violence dans 
l'ouest de la Syrie depuis son entrée en vigueur il y a deux 
semaines. 
    Il a toutefois critiqué l'émissaire spécial des Nations 
unies Staffan de Mistura. Ni lui, ni personne n'a le droit de 
parler des élections présidentielles en Syrie, a affirmé le 
ministre en demandant au diplomate "neutralité et objectivité".  
    Il a également rejeté l'idée d'une solution fédérale à la 
guerre. 
 
 (Tom Perry; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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