LEAD 1-Brexit-Accord de principe sur le divorce entre l'UE et Royaume-Uni

le , mis à jour à 12:33
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 (Bien lire au paragraphe 12 jeudi et vendredi prochains) 
    * Pour Bruxelles, "des progrès suffisants" ont été réalisés 
    * Les discussions vont commencer sur une période de 
transition 
    * Cette période devrait durer environ deux ans après le 
Brexit 
    * La future relation commerciale UE-Royaume-Uni sera abordée 
 
    par Alastair Macdonald et Guy Faulconbridge 
    BRUXELLES/LONDRES, 8 décembre (Reuters) - Le Royaume-Uni et 
l'Union européenne sont parvenus vendredi à un accord de 
principe sur les modalités de leur divorce, ce qui va leur 
permettre de passer à la seconde phase des négociations, à 
savoir les discussions sur la période de transition après le 
Brexit, prévu en mars 2019, et sur leur future relation 
commerciale. 
    La Commission européenne a estimé, selon l'expression 
attendue, que "des progrès suffisants" avaient été effectués à 
l'issue de discussions marathon qui ont duré toute la nuit à 
Bruxelles entre les deux parties pour parvenir à sortir de 
l'impasse qui concernait trois grands chapitres des négociations 
: les conditions financières du divorce, le statut des expatriés 
et les moyens d'éviter le rétablissement d'une frontière 
effective en Irlande. 
    Ce dernier point avait fait capoter une réunion lundi entre 
la Première ministre britannique, Theresa May, le président de 
la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le négociateur 
en chef européen, Michel Barnier.   
    L'accord trouvé ne précise pas le montant que la 
Grande-Bretagne devra verser à l'UE en raison de sa sortie en 
2019 mais "les deux parties sont convenues d'une méthodologie 
pour le règlement financier", selon un document publié vendredi. 
  
    Michel Barnier a jugé vendredi qu'il n'était pas possible de 
donner un chiffre précis de ce qu'aura à verser le Royaume-Uni 
dans la mesure où les chiffres sont susceptibles de varier. 
    Une source britannique a déclaré que Londres estimait la 
facture du Brexit entre 40 et 45 milliards d'euros. 
    Le président du Conseil européen des chefs d'Etat et de 
gouvernement, Donald Tusk, a salué l'accord trouvé mais il a 
déploré que la première phase des discussions ait duré, à son 
avis, trop longtemps. 
    "Nous savons tous que rompre est difficile mais que rompre 
et construire une nouvelle relation est bien plus difficile", 
a-t-il dit. "Beaucoup de temps a été consacré à la tâche la plus 
facile et maintenant (...), nous avons, dans les faits, moins 
d'une année" avant le départ prévu en mars 2019. 
    Dans l'idée d'avoir une marge de sécurité, Michel Barnier a 
demandé lors d'une conférence de presse que l'accord sur la 
sortie du Royaume-Uni soit effectivement prêt pour octobre 2018, 
"soit dans moins d'un an", a-t-il souligné.     
     
    "DUREMENT GAGNÉ" 
    Malgré un grand nombre de points encore à préciser, les 
marchés ont estimé que l'accord de vendredi était un bon point 
pour le Royaume-Uni. La livre sterling a monté face à l'euro 
 EURGBP=D3  et face au dollar.  GBP=D3 . 
    L'accord de compromis et la décision de passer à la seconde 
phase des discussions doivent encore être avalisés par le 
Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement prévu jeudi 
et vendredi prochains à Bruxelles. 
    Theresa May a déclaré qu'elle pensait que l'accord de 
principe, qu'elle a qualifié de "durement gagné", serait 
entériné lors de ce sommet. 
    Le président de la Commission européenne a pour sa part 
souligné que l'accord était le fruit d'un compromis.  
    "La Première ministre May m'a assurée qu'elle avait le 
soutien du gouvernement britannique. Sur cette base, je pense 
que nous avons maintenant effectué la percée dont nous avions 
besoin. Le résultat obtenu aujourd'hui est naturellement un 
compromis", a déclaré Jean-Claude Juncker lors d'une conférence  
de presse réunie à la hâte. 
    La période de transition, qui doit commencer après le Brexit 
le 30 mars 2019, durera "environ deux ans", selon les grandes 
lignes que s'est fixées l'UE pour négocier. Cette période de 
transition permettra d'aborder les modalités de la future 
relation commerciale qui unira le Royaume-Uni et l'UE 
ultérieurement. 
    Selon le vade-mecum de l'UE, durant la phase de transition, 
le Royaume-Uni restera dans l'union douanière et dans le marché 
unique et restera soumis à la législation européenne mais ne 
participera plus aux prises de décisions au sein de l'UE ni 
n'aura droit de vote. 
    Le Parti unioniste démocrate (DUP) qui soutient le Parti 
conservateur de Theresa May à la Chambre des communes a salué du 
bout des lèvres cet accord, en soulignant qu'il y avait "encore 
du travail à faire". 
    Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon 
Coveney, a estimé pour sa part que l'accord trouvé vendredi 
garantissait qu'il n'y aurait pas de frontière "dure" (physique) 
entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.   
    "Très bon aboutissement pour tout le monde sur l'île 
d'Irlande", a-t-il écrit sur Twitter. 
    En revanche, Nigel Farage, figure de proue des pro-Brexit, a 
estimé que le Royaume-Uni pouvait désormais "passer à la 
prochaine phase d'humiliation". 
    La France a salué un accord "de bons sens" par la voix de 
son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. 
  
 
 (Danielle Rouquié pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 
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