Le Yémen au bord de l'effondrement et de la guerre civile-Onu

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NATIONS UNIES, 12 février (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a fait part jeudi de son inquiétude à propos de la guerre civile qui menace le Yémen, tandis que le Royaume-Uni annonçait son intention de faire adopter une résolution. Les combattants houthis, des chiites soutenus par l'Iran, se sont emparés de la capitale yéménite, Sanaa, en septembre dernier. Le président Abd-Rabbou Mansour Hadi et son Premier ministre ont démissionné en janvier à la suite de la prise du palais présidentiel par le mouvement chiite. Celui-ci a dissous le parlement vendredi dernier et annoncé son intention de former un gouvernement de transition. Jeudi, Ban Ki-moon et son émissaire spécial pour le Yémen, Jamal Benomar, ont fait le point sur la situation pour le Conseil de sécurité. "Le Yémen est en train de s'effondrer sous nos yeux. Nous ne pouvons nous contenter de rester là à regarder", a déclaré Ban Ki-moon. "Nous devons faire tout ce qui est possible pour aider le Yémen à s'en sortir et remettre le processus politique sur les rails." Jamal Benomar, qui s'exprimait par vidéo de Sanaa, a estimé que le Yémen était à "la croisée des chemins". "Ou bien le pays va s'enfoncer dans la guerre civile et la désintégration, ou bien il trouvera un moyen de remettre en selle le processus de transition", a-t-il dit. "L'insécurité ambiante créée les conditions propices à une réémergence d'Al Qaïda dans la péninsule arabique", a-t-il ajouté. L'ambassadeur du Royaume-Uni auprès des Nations unies, Mark Lyall Grant, a indiqué du son pays et la Jordanie envisageaient un projet de résolution sur le Yémen. Il a dit espérer qu'il soit adopté d'ici quelques jours, mais il n'a rien voulu dire sur le contenu du texte. Les islamistes d'Ansar al Charia, qui se réclament d'Al Qaïda, se sont emparés jeudi d'une base militaire du sud du Yémen et ont fait prisonniers un nombre indéterminé de militaires. ID:nL5N0VM3RH . Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont fermé leurs ambassades à Sanaa. L'ambassadrice du Qatar auprès des Nations unies, Cheikha Alia Bint Ahmed Bin Saif Al Thani, s'exprimant au nom du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a demandé au Conseil de sécurité d'agir. "C'est un coup d'Etat contre le gouvernement légitime du Yémen", a déclaré l'ambassadrice en demandant au Conseil de faire pression sur les Houtis pour qu'ils se retirent de "toutes les institutions gouvernementales". Le CCG réunit l'Arabie saoudite, le sultanat d'Oman, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Qatar. (Louis Charbonneau; Danielle Rouquié pour le service français)

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