Le voyage sans retour des esclaves népalais

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Crémation du corps d'un ouvrier népalais. Selon son certificat de décès, il est mort d'une pneumonie en Malaisie. Son père n'y croit pas. Il a eu son fils le jour même de sa mort.
Crémation du corps d'un ouvrier népalais. Selon son certificat de décès, il est mort d'une pneumonie en Malaisie. Son père n'y croit pas. Il a eu son fils le jour même de sa mort.

Ils tiennent d'une main crispée leur carte d'embarquement, promesse d'une vie meilleure qui commence ici à l'aéroport international de Katmandou. Ce matin, ils sont une trentaine en file devant le guichet dédié aux ouvriers qui partent travailler en Malaisie et dans le Golfe. N'ayant jamais pris l'avion, ces jeunes montagnards sont intimidés. Tels des enfants qu'on ne voudrait pas égarer, tous portent une casquette identique au sigle de l'agence qui les a recrutés. Ils vont rejoindre le flot des 400 000 Népalais, dont 9 % de femmes, qui s'envolent chaque année. En tout, ils sont 2,5 millions à vivre sous contrat temporaire à l'étranger, l'Inde non comprise. Leur nombre est en hausse de 13 % par an et ils reviennent généralement au pays au bout de deux ou trois ans. Le bon côté de cette immigration est que l'argent rapatrié correspond à 25 % du PIB du Népal : un eldorado pour un pays frappé par la misère. Le mauvais côté est que l'expérience peut tourner à l'enfer. Main-d'oeuvre bradée sur un marché globalisé, ces Népalais sont les esclaves des temps modernes. Pour des centaines d'ouvriers népalais, l'emploi tant espéré à l'étranger est un rendez-vous avec la mort. Le quotidien The Guardian et Amnesty International ont alerté sur les cas de Népalais morts cet été au Qatar, "traités comme du bétail" par certaines compagnies, sur les sites de construction du Mondial de football 2022. Le constat a choqué le monde...

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