Le vote sur les rémunérations des dirigeants est-il utile ?

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(lerevenu.com) - Le 23 février dernier, les députés ont présenté un rapport de la mission d'information sur la transparence de la gouvernance des grandes entreprises. Ce travail a fait vingt propositions dont l'une prône l'adaptation en droit français de la pratique communément appelée « Say on pay » dans les pays anglo-saxons. Quinze pays de l'Union européenne ont, aujourd'hui, introduit dans leur droit des sociétés un vote en assemblée, consultatif ou non, selon lequel les actionnaires sont appelés à approuver ou contester les rémunérations des dirigeants. 

Dans un article intitulé « Rémunération des dirigeants d'entreprise : que peut-on attendre du say on pay ? », Frédéric Palomino, chercheur en économie à l'EDHEC Business School, a étudié les différents systèmes de consultation des actionnaires : « Le nombre d'observations est assez important pour que les conclusions que l'on puisse en tirer sur l'efficacité du say on pay ne reposent pas sur quelques anecdotes ».

Pour le chercheur, les différentes études empiriques dans les pays où les actionnaires peuvent voter sur la rémunération des sociétés cotées montrent que « cette mesure ne modifie pas les niveaux de rémunérations et est accueillie avec scepticisme par les actionnaires ». Frédéric Palomino s'interroge donc sur la légitimité de cette réglementation « qui entraîne un nouveau coût administratif et dont le seul aspect positif semble être la correction de rares situations extrêmes d'entreprises pour lesquelles les performances sont mauvaises et les rémunérations anormalement élevées ».
 

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