Le vote FN au coeur du duel François Hollande - Nicolas Sarkozy

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Le vote FN au coeur du duel François Hollande - Nicolas Sarkozy
Le vote FN au coeur du duel François Hollande - Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - L'électorat du Front national, la plus importante réserve de voix pour le second tour de l'élection présidentielle, s'impose comme l'épicentre du duel entre François Hollande, qui entend "convaincre" les partisans de Marine Le Pen, et Nicolas Sarkozy, dont le salut réside dans ce vote crucial.

La stratégie du camp présidentiel vis-à-vis du parti d'extrême droite ravive au sein de la majorité un débat de longue date sur "les lignes rouges" à ne pas franchir et repose la question d'éventuelles tractations pour les législatives.

Ainsi, l'ancienne ministre des Sports Chantal Jouanno, aujourd'hui sénatrice UMP de Paris, s'est-elle attiré mardi les foudres du Premier ministre, François Fillon, pour avoir écrit sur son compte Twitter qu'elle voterait PS plutôt que FN en l'absence d'alternative aux élections législatives de juin.

Le FN, dont la dirigeante prendra position pour le second tour le 1er mai, a fait état de son "effarement" de voir des membres "du parti de Nicolas Sarkozy faire ainsi la courte échelle à François Hollande".

Une large majorité des électeurs de Nicolas Sarkozy (64%) souhaitent un accord avec le Front national avant les élections législatives, selon un baromètre OpinionWay-Fiducial pour Les Echos et Radio Classique diffusé mardi.

Nicolas Sarkozy, qui a un besoin impératif des 6,4 millions de voix de Marine Le Pen (17,9%) s'il veut espérer l'emporter le 6 mai, s'est de nouveau tourné mardi vers les "Français qui souffrent", soulignant que le vote FN n'était pas "répréhensible", car "compatible avec la République".

HOLLANDE VEUT "CONVAINCRE" LES ÉLECTEURS FN

"Il faut comprendre le vote FN", a-t-il affirmé lors d'un déplacement à Longjumeau (Essonne), précisant qu'il prendrait une série d'engagements dans les jours qui viennent, lors de ses passages télévisés sur TF1 et France 2 notamment, pour répondre au "message" des électeurs frontistes.

Un message que son adversaire socialiste, François Hollande, prend aussi à son compte en lançant à la Une de Libération mardi : "A moi de convaincre les électeurs du Front national".

Le député de Corrèze estime qu'"une part" de cet électorat "vient de la gauche et devrait se retrouver du côté du progrès, de l'égalité, du changement, de l'effort partagé, de la justice". "A moi de les convaincre que c'est la gauche qui les défend".

Le candidat socialiste, qui refuse toutefois l'"erreur" d'oublier les siens "pour parler aux autres", s'est rendu mardi dans l'Aisne, département où il a devancé de peu Marine Le Pen.

"J'ai entendu les cris de colère, j'ai répondu par un message d'espoir", a-t-il déclaré lors d'une réunion publique à Hirson, saluant le chef de file du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui a recueilli 11,10% des suffrages au premier tour.

"Le vote Mélenchon, c'est un vote de transformation, de contestation, de colère", analyse-t-il dans Libération.

"UN JOUR DE BRAS DE FER"

Pour Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, "la réussite de l'expérience de gauche qui va commencer peut-être le 6 mai dépend de l'unité de la gauche".

Jean-Luc Mélenchon, dont les relations avec François Hollande n'ont jamais été amènes, a annoncé mardi que le Front de gauche organiserait le 4 mai un rassemblement avant de "voter Hollande contre Sarkozy". L'eurodéputé n'avait pas prononcé le nom du candidat socialiste dimanche soir lors de son allocution appelant à "battre Nicolas Sarkozy".

D'ici là, opposition et syndicats veulent contrer le président sortant sur le terrain social en mobilisant contre lui le 1er-Mai, dont Nicolas Sarkozy a pris le prétexte pour célébrer le "vrai travail" lors d'un rassemblement sur le Champ de Mars, à Paris.

La CGT, régulièrement visée par le chef de l'Etat durant la campagne du premier tour, a dénoncé mardi "une provocation". La CFDT s'est élevée elle aussi contre cette initiative.

"Ce jour-là, c'est un jour de bras de fer, on va faire du judo. Puisque Sarkozy a décidé de chercher la châtaigne avec les syndicats, eh bien il va nous trouver sur son chemin", a prévenu Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV.

A la confrontation musclée du 1er-Mai succédera le débat télévisé des deux finalistes, rendez-vous traditionnel de l'entre-deux-tours que François Hollande refuse toujours de démultiplier malgré l'insistance de son rival.

Quatre radio généralistes - Europe 1, France Inter, RMC, RTL - ont proposé mardi un débat pour cette semaine, diffusé simultanément sur les quatre antennes. Nicolas Sarkozy y est prêt, pas François Hollande.

"Mais pourquoi aller multiplier ce qui doit être fait et bien fait ? Il y a une tradition, il y a un rite. Les Français l'attendent, ils veulent un grand débat", a-t-il expliqué à la presse.

Sophie Louet, édité par Patrick Vignal

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