Le volailler Tilly-Sabco dans l'impasse

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LE VOLAILLER TILLY-SABCO DANS L'IMPASSE
LE VOLAILLER TILLY-SABCO DANS L'IMPASSE

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Une réunion de crise vendredi entre différents acteurs de la filière de la volaille n'a pas permis de dégager de solutions pour assurer la pérennité de l'abattoir de poulets Tilly-Sabco, a-t-on appris vendredi auprès d'un représentant de la CGT.

"Tous les acteurs de la filière ont estimé que le poulet export, même s'il avait des problèmes de compétitivité, avait de l'avenir, mais dans l'immédiat, aucune solution n'a été dégagée pour aider Tilly-Sabco", a regretté Gilbert Gleonec à l'issue d'une réunion de deux heures à la préfecture de région.

Les responsables de la société LDC, spécialisée dans le poulet frais, de Nutréa, Triskalia, de la Coopérative de France et le directeur de Sofiprotéol, Jean-Philippe Puig, s'étaient réunis à huis clos avec différents représentants de l'Etat pour tenter de trouver une solution.

Aucun des participants ne s'est exprimé à l'issue de la réunion.

Des responsables de LDC et le président de Sofiprotéol, Xavier Beulin, avait fait savoir ces derniers jours qu'ils n'étaient pas intéressés par un éventuel rachat de Tilly-Sabco.

"Il faut prendre le taureau par les cornes avec un plan global pour cette filière", a déclaré Xavier Beulin dans Le Télégramme, notamment.

"Aujourd'hui, 40% des volailles consommées en France sont importées d'Allemagne, des Pays-Bas ou de Belgique. Donc nos concurrents sont d'abord européens", souligne-t-il.

Pour Gilbert Gleonec, "on va droit dans le mur avec l'arrêt programmé du poulet export si rien n'est fait. Avec des incidences graves sur l'ensemble de la filière. Tout le monde va en pâtir".

"POUR OCTOBRE, IL N'Y A RIEN"

Tilly-Sabco, qui emploie 340 personnes à Guerlesquin (Finistère) et dont l'activité fonctionne au ralenti depuis plusieurs mois, pourrait être amené à déposer le bilan avant la fin de l'année.

Les pouvoirs publics ont informé les syndicats que l'abattoir disposerait de 450.000 poulets à abattre à la rentrée de septembre pour maintenir une activité.

"Ensuite, pour octobre, il n'y a rien", précise Gilbert Gleonec.

Face à la concurrence brésilienne, à la dévaluation du réal et à une parité euro-dollar défavorable, les pertes de Tilly Sabco sont estimées à quelque 320 euros la tonne de volailles vendue sur le marché du Moyen-Orient, soit près de 200.000 euros pour 450.000 poulets abattus.

La mise en place en avril dernier d'une fiducie afin de débloquer 3,8 millions d'euros d'aides des collectivités pour permettre à Tilly-Sabco de faire face à ses problèmes de trésorerie, tout en chargeant son PDG Daniel Sauvaget de trouver un repreneur, n'a pas abouti à une solution pérenne.

Spécialisé comme son concurrent Doux, qui sort tout juste d'une longue période de redressement judiciaire, dans la production de poulets exports destinés au Moyen-Orient, l'abattoir de Guerlesquin a également subi de plein fouet la fin des aides européennes à l'exportation en juillet 2013.

Le principal fournisseur de poulets de l'abattoir, la coopérative Triskalia, craignant des impayés, avait suspendu en juin, via sa filiale Nutrea, l'approvisionnement de poussins dans les élevages fournissant Tilly-Sabco, faute de garanties de paiement.

Tilly-Sabco travaille principalement avec le groupement avicole des Monts-D'Arrée qui regroupe 220 éleveurs en Bretagne.

(Pierre-Henri Allain, édité par Sophie Louet)

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