Le volailler Tilly-Sabco au bord du gouffre

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INQUIÉTUDES SUR L'AVENIR DU VOLAILLER TILLY-SABCO
INQUIÉTUDES SUR L'AVENIR DU VOLAILLER TILLY-SABCO

par Henri-Pierre Allain

RENNES (Reuters) - La société d'abattage de poulets Tilly-Sabco, dont l'activité cesse cette semaine, pourrait s'acheminer dans les prochaines semaines vers une liquidation totale faute de repreneur ou d'aides publiques, estiment ses responsables.

"Personne ne viendra reprendre Tilly-Sabco tant que l'activité sera structurellement déficitaire", a déclaré mardi à Reuters Daniel Sauvaget, PDG de cette entreprise qui emploie 340 personnes à Guerlesquin, dans le Finistère.

"Et il n'y aura pas de solutions pour l'entreprise tant qu'on n'aura pas réglé en amont le problème du modèle économique de la filière en recherchant de nouveaux partenariats", a-t-il ajouté.

La mise en place en avril d'une fiducie afin de débloquer 3,8 millions d'euros d'aides des collectivités pour permettre à Tilly-Sabco de faire face à ses problèmes de trésorerie -tout en chargeant Daniel Sauvaget de trouver un repreneur- n'a pas abouti à une solution pérenne.

A la veille d'une nouvelle réunion de crise prévue mercredi à la préfecture de région à Rennes, éleveurs et salariés d'un abattoir qui tourne au ralenti depuis plusieurs mois ont prévu de manifester mardi après-midi dans la région de Morlaix.

Spécialisé comme son concurrent Doux, qui sort tout juste d'une longue période de redressement judiciaire, dans la production de poulets exports destinés au marché du Moyen-Orient, l'abattoir de Guerlesquin a subi de plein fouet la fin des aides européennes à l'exportation décidée en juillet 2013.

INTERRUPTION FIN JUILLET

Face à la concurrence brésilienne, à la dévaluation du réal et à une parité euro-dollar défavorable, les pertes sont estimées à quelque 320 euros la tonne de volailles vendue sur le marché du Moyen-Orient, soit près de 200.000 euros pour 450.000 poulets abattus par semaine sur les chaînes de Tilly-Sabco.

Le principal fournisseur de poulets de l'abattoir, la coopérative Triskalia, craignant des impayés, a décidé via sa filiale Nutrea de ne plus alimenter en poussins les élevages fournissant Tilly-Sabco, programmant l'arrêt prochain de son activité.

"Il reste 500.000 poulets dans les élevages, après c'est terminé, les bâtiments sont vides et n'ont plus de poussins depuis quatre semaines", précise Jean-Pierre Garion, représentant du groupement avicole des Monts-D'Arrée qui réunit 220 éleveurs et est le principal fournisseur de Tilly-Sabco.

"Si rien n'est fait, cette situation entraînera des réactions en chaîne avec également des pertes d'emplois à l'usine d'aliments Triskalia de Plouagat, qui fournit les éleveurs de Tilly-Sabco", souligne t-il.

Il y a une semaine, plusieurs dizaines d'éleveurs ont bloqué les accès de cette usine pour alerter les pouvoirs publics sur les difficultés de la filière.

Faute de nouveaux soutiens, l'activité de Tilly-Sabco sera interrompue pour une durée indéterminée dès la fin juillet, seuls deux jours d'abattage étant programmés avant la fin du mois.

(Edité par Sophie Louet)

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  • M1089313 le mardi 15 juil 2014 à 13:53

    demandée par les distributeurs et les consommateurs. Aussi cher messieurs Pblum et lm, quelles sont vos solutions pour les consommateurs n'ayant pas les moyens de se payer du poulet label ? Plus facile de juger hativement que d'être objectif n'est-ce pas Messieurs !

  • M1089313 le mardi 15 juil 2014 à 13:47

    Messieurs, à la fois je comprends votre point de vue sur le poulet indus, à la fois vous vous trompez sur l'impact emploi et qualité de la production. En effet, si une société Française fait faillite, sa production ne sera pas reprise par une autre société Française, mais sera importée du Brésil ou d'autres pays émergents, comme c'est déjà le cas pour 45% du poulet consommé aujourd'hui.

  • lm123457 le mardi 15 juil 2014 à 13:25

    100% d'accord avec pblum. Le pire est que les syndicats vont défendre ce système et l'Etat va encore financer des emplois aidés. Pourtant, si l'mployeur fait faillite, on continuera d'acheter du poulet. Dans uen france qui saurait se protéger de l'extérieur, si on an'achète plus le poulet Doux, on achètera le poulet X. Donc X va recruter. Bilan neutre (sauf pour les dirigeants de Doux et c'est là qu'on voit qu'ils défendent _leur_ boulot et pas les travailleurs).