Le vice-président sud-soudanais quitte Juba

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 (Denis Dumo) 
    JUBA, 13 juillet (Reuters) - Le vice-président 
sud-soudanais, Riek Machar, a quitté Juba avec ses troupes, mais 
il n'a pas l'intention de lancer une guerre, a déclaré mercredi 
son porte-parole au deuxième jour d'un cessez-le-feu entre les 
deux camps.  
    Ses forces ont affronté cinq jours durant celle de son 
adversaire, le président Salva Kiir, dans les rues de la 
capitale sud-soudanaise, faisant des centaines de morts, avant 
la proclamation d'une trêve par chacun des camps lundi soir.  
    "Nous avons dû quitter notre base (à Juba) pour éviter de 
nouveaux affrontements", a déclaré James Gatdet Dak. "Il est 
près de la capitale, je ne peux pas vous dire à quel endroit." 
    Cette situation rappelle le début de la guerre civile en 
décembre 2013 dans le pays indépendant depuis 2011, lorsque 
Machar, limogé de son poste de vice-président par Salva Kiir, 
avait retiré ses forces de Juba avant de lancer une insurrection 
dans tout le pays.  
    Mais son porte-parole a écarté la comparaison. "Riek Machar 
ne retourne pas dans la brousse et ne s'organise pas pour la 
guerre", a-t-il dit, ajoutant que le vice-président 
sud-soudanais resterait en dehors de la capitale le temps que 
les modalités du cessez-le-feu soient établies. 
    Le camp Machar réclame aussi la mise en place d'un 
commandement conjoint, l'intégration de ses combattants dans 
l'armée et la création d'une force de police conjointe pour 
assurer la sécurité dans Juba, des mesures normalement prévues 
par l'accord de paix d'août 2015 mais qui n'ont pas été mises en 
oeuvre, a ajouté James Gatdet Dak à Nairobi. 
    Le porte-parole du vice-président a également accusé le camp 
présidentiel d'avoir envoyé mardi des hélicoptères de combat à 
la poursuite des forces de Machar et d'avoir attaqué sa 
résidence, qu'il avait déjà quittée à ce moment-là. 
    "L'heure est à la diplomatie (...) afin de remettre en selle 
le gouvernement d'union nationale", a dit pour sa part le 
porte-parole du président Kiir, Ateny Wek Ateny.  
    On ignore ce qui a provoqué la dernière flambée de violence 
jeudi et fait 36.000 déplacés selon les Nations unies. Aucun des 
deux dirigeants n'a voulu reconnaître sa responsabilité. 
    "Kiir et Machar devraient tous les deux être jugés pour le 
meurtre de leur propre peuple et pour leurs soldats qui ont 
pillé ma maison et tué mon mari", a déclaré une habitante de 
Juba en larmes, Rose Juru, âgée de 28 ans.  
    L'Ouganda a annoncé l'envoi de troupes au Soudan du Sud, 
comme en 2013, mais en précisant qu'il s'agissait d'aider à 
l'évacuation des ressortissants ougandais.  
 
 (Denis Dumo,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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