Le Venezuela relève le prix de l'essence et dévalue sa monnaie

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    CARACAS, 18 février (Reuters) - Le président socialiste du 
Venezuela Nicolas Maduro a annoncé mercredi une hausse des prix 
du carburant, la première depuis près de vingt ans, et une forte 
dévaluation du bolivar pour combattre la crise que traverse le 
pays sud-américain. 
    Ces mesures doivent permettre de soutenir les finances 
publiques alors que la chute des prix du pétrole et 
l'effondrement du modèle économique étatique ont engendré une 
grave récession, une inflation galopante et des pénuries 
chroniques.  
    "C'est une action nécessaire pour équilibrer les choses, 
j'en prends la responsabilité", a déclaré Nicolas Maduro en 
justifiant le relèvement des prix de l'essence au cours d'un 
discours fleuve de quatre heures retransmis à la télévision, 
pendant lequel il s'en est pris frontalement à l'opposition. 
    Le chef de l'Etat a annoncé que le prix de l'essence, 
largement subventionné par l'Etat, serait relevé de 1,3% pour un 
indice d'octane de 91 et de 6,1% pour le 95. Il a expliqué que 
ces nouveaux tarifs permettraient de gagner 800 millions de 
dollars par an, de couvrir les coûts de production et de donner 
un peu d'air à la compagnie pétrolière publique PDVSA.  
    Le prédécesseur et mentor de Nicolas Maduro, le défunt 
président Hugo Chavez, avait augmenté le prix de l'essence pour 
la dernière fois en 1997, sans y toucher ensuite. Une hausse 
antérieure des prix à la pompe, en 1989, avait déclenché 
plusieurs jours d'émeutes meurtrières.  
    Nicolas Maduro a également annoncé une dévaluation de 37% du 
taux de change officiel le plus haut, qui s'applique aux biens 
prioritaires comme les produits alimentaires et médicaux, qui 
passe de 6,3 à 10 bolivars pour un dollar.  
    Le taux le plus bas, qui s'élève à environ 203 bolivars pour 
un dollar, sera transformé en taux de change flottant, a ajouté 
le président vénézuélien. 
    Le système de change, jusqu'ici séparé en trois taux de 
change officiels, ne comportera plus que deux taux.  
    Nicolas Maduro, dont le Parti socialiste a été battu il y a 
deux mois aux élections législatives, a nommé lundi un 
ingénieur, Miguel Perez, au poste de vice-président chargé de 
l'économie. Cet ancien chef de la Fedeindustria, chambre 
patronale des petites et moyennes entreprises, est connu pour 
ses positions socialistes tout en reconnaissant parfois la 
nécessité de réformes d'inspiration libérale.  
    Miguel Perez s'est prononcé pour une unification des taux de 
change, une idée approuvée par les détenteurs d'obligations 
souveraines qui sont persuadés que les contrôles de change, 
gangrénés selon eux par la corruption, risquent de conduire le 
pays vers un défaut de paiement. 
    Les réformes annoncées par Maduro seront probablement jugées 
par les investisseurs de Wall Street comme plutôt positives, 
mais encore bien insuffisantes pour aider le Venezuela à 
rembourser dans quelques mois quelque 10 milliards de dollars de 
dettes en pleine crise de liquidités.  
 
 (Brian Ellsworth, Girish Gupta; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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