Le Vatican réplique aux attaques de la Turquie contre le pape

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    EREVAN, 26 juin (Reuters) - Le Vatican a répliqué dimanche à 
la Turquie, qui a accusé la veille le pape François d'avoir une 
"mentalité de croisé" parce qu'il avait utilisé de nouveau le 
terme de génocide à propos du massacre de 1,5 million 
d'Arméniens par les troupes ottomanes en 1915. 
    "Le pape n'est pas en croisade. Il ne cherche ni à organiser 
des guerres ni à construire des murs, mais souhaite jeter des 
ponts", a dit à la presse à Erevan son porte-parole, le père 
Federico Lombardi. "Il n'a pas dit un mot contre le peuple 
turc". 
    S'adressant vendredi, lors de sa visite en Arménie, au 
président Serj Sargsian, au gouvernement arménien et au corps 
diplomatique, le pape s'est écarté du texte de son discours et a 
utilisé le mot de "génocide", qui avait déjà indigné la Turquie 
lorsqu'il l'avait employé l'an dernier à propos du massacre des 
Arméniens en 1915. 
    Le vice-Premier ministre turc Nurettin Canikli a jugé samedi 
"très fâcheux" que le souverain pontife ait employé ce terme, 
ajoutant: "Il est malheureusement possible de voir les reflets 
et les traces de la mentalité des Croisés dans les actes de la 
papauté et du pape". 
    François, qui doit regagner Rome dimanche soir après avoir 
visité en Arménie un monastère près de la frontière avec la 
Turquie, avait déjà utilisé le terme de "génocide" l'année 
dernière, lors d'une cérémonie au Vatican. La Turquie avait 
répliqué en rappelant son ambassadeur en poste au Vatican, ce 
pour une période de dix mois. 
    Le terme de "génocide" est apparu de nouveau dans une 
déclaration commune signée dimanche, à la fin de la visite 
papale, par François et le chef de l'Eglise apostolique 
arménienne. 
    Dimanche matin, lors du dernier événement majeur de sa 
visite de trois jours en Arménie, le pape François a de nouveau 
fait allusion au massacre de 1915, rendant hommage aux 
"nombreuses victimes qui ont souffert et donné leur vie pour 
leur foi". 
    Le chef de l'Eglise catholique a en outre participé dimanche 
à la "divine liturgie" de l'Eglise apostolique arménienne, qui a 
fait scission avec Rome au Ve siècle pour des questions de 
doctrine théologique et qui appartient aujourd'hui aux Eglises 
orientales. 
    François a pris place au côté du Catholikos Karékine II, 
chef de l'Eglise apostolique arménienne, qui a présidé cette 
"divine liturgie", à Etchmiadzin, siège de l'Eglise arménienne, 
non loin de la capitale Erevan. 
 
 (Philip Pullella et Margaria Antidze; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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