Le tueur de Nice a bénéficié de soutiens et complicités-procureur

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    * Cinq suspects devraient être mis en examen 
    * De nombreux contacts dans l'année précédant le crime 
    * Trois soupçonnés d'avoir servi d'intermédiaires pour 
l'arme 
    * Un projet qui semble avoir été longuement "mûri" 
 
 (Actualisé avec détails) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 21 juillet (Reuters) - L'auteur de l'attaque de Nice 
a bénéficié de "soutiens" et de "complicités" dans la 
préparation et l'accomplissement de son acte, qu'il semble avoir 
"mûri" pendant plusieurs mois, a déclaré jeudi le procureur de 
Paris.  
    Cinq personnes de son entourage devaient être mises en 
examen jeudi dans le cadre d'une enquête pour association de 
malfaiteurs criminelle ouverte par le parquet de Paris.  
    "Les investigations menées depuis la nuit du 14 juillet 
n'ont (...) cessé d'avancer, et ont permis non seulement de 
confirmer plus encore le caractère prémédité du passage à l'acte 
mortifère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, mais également d'établir 
que ce dernier avait pu bénéficier de soutiens et de complicités 
dans la préparation et la commission de son acte criminel", a 
déclaré François Molins lors d'un point presse.  
    "Mohamed Lahouaiej Bouhlel semble avoir envisagé et mûri son 
projet criminel plusieurs mois avant son passage à l'acte", 
a-t-il ajouté. 
    Dans l'année précédant son crime, le Tunisien de 31 ans a eu 
de nombreux contacts téléphoniques avec les cinq personnes 
présentées jeudi à la justice. Ces contacts ont permis 
d'interpeller ces quatre hommes et cette femme, âgés de 21 à 40 
ans, parmi lesquels figurent un couple d'Albanais, deux 
Franco-Tunisiens, et un Tunisien.  
    "Leur implication apparaît (...) dans leur participation à 
la préparation du passage à l'acte", a souligné le procureur. 
    L'enquête a ainsi révélé que neuf jours avant sa course 
meurtrière, Mohamed Lahouaiej Bouhlel envoyait un texto à trois 
d'entre eux faisant référence à une réservation de poids lourd 
pour les 12 et 13 juillet, finalement annulée. 
    Des photographies et des traces papillaires ont aussi mis en 
évidence la présence, quelques jours avant l'attaque, de Choukri 
C., Tunisien de 37 ans, et de Mohamed Wallid G., Franco-Tunisien 
de 40 ans, dans le camion utilisé par le tueur.  
    Trois des cinq suspects - Ramzi A., un Franco-Tunisien de 21 
ans, et le couple d'Albanais - semblent par ailleurs avoir servi 
d'intermédiaires dans l'obtention du pistolet automatique dont 
Mohamed Lahouaiej Bouhlel s'est servi. 
     
    DÈS 2015, DES PHOTOS DE LA PROMENADE DES ANGLAIS 
    Le soir du crime, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a envoyé trois 
textos à Ramzi A. Dans l'un d'eux, il se félicitait du pistolet 
qu'il lui avait donné, et en sollicitait de nouveaux.  
    Sur indication de ce jeune homme, une Kalachnikov a été 
découverte mercredi dans une cave. "La destination et 
l'utilisation de ce fusil d'assaut n'est pas établie, et on ne 
sait pas à quoi il était destiné", a indiqué François Molins.  
    L'enquête, qui a connu des "avancées notables", a aussi 
permis de mettre à jour plusieurs clichés "révélateurs" dans le 
téléphone portable du tueur, qui montrent la grande 
préméditation de l'attaque, un projet mûri pendant près d'un an. 
    Dès juillet 2015, Mohamed Lahouaiej Bouhlel prenait ainsi en 
photo le feu d'artifice de Nice et un concert sur la promenade 
des Anglais, a dit le procureur.  
    Quant à son "intérêt" pour l'islam radical, jusque-là 
présenté comme "récent", il pourrait remonter à beaucoup plus 
loin. 
    Le 10 janvier 2015, trois jours après l'attaque djihadiste 
contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, 
l'un des cinq suspects lui écrivait ainsi : "Je ne suis pas 
Charlie... je suis content, ils ont amené les soldats d'Allah 
pour finir le travail."  
    Aucun des cinq suspects n'était connu des services de 
renseignement et tous avaient un casier judiciaire vierge, 
excepté Ramzi A., condamné à 6 reprises entre 2013 et 2015 pour 
des délits de droit commun. 
    Six magistrats instructeurs sont chargés de ce dossier.     
"Les investigations devront bien évidemment s'attacher à 
déterminer d'éventuels liens, non établis à ce jour (...), des 
protagonistes de l'attentat, notamment avec des acteurs de 
l'organisation terroriste Daech", a souligné François Molins.  
    L'attaque de Nice a été revendiquée par l'Etat islamique 
(EI). Mais l'enquête n'a pas révélé à ce stade d'allégeance du 
tueur de 31 ans à l'organisation djihadiste. 
    Quatre-vingt quatre personnes sont mortes dans cette attaque 
sur la promenade des Anglais. Le pronostic vital de quinze 
autres était toujours engagé jeudi.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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